Des candidats multiethniques à l'image de Papineau
La circonscription de Papineau est peut-être la plus petite avec 9 km2, mais elle est sans doute la plus multiethnique du pays. Englobant en totalité le district de Parc-Extension, de Villeray et une partie de Saint-Michel, elle accueille des électeurs hindous, bengladeshis, grecs, italiens, haïtiens, maghrébins et bien sûr québécois francophones.
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Les candidats des différents partis politiques représentent d’ailleurs cette diversité. La députée bloquiste sortante, Vivian Barbot, est d’origine haïtienne, Justin Trudeau est Québécois, le candidat du Parti conservateur, Mustaque Sarker, est originaire du Bengladesh, Costa Zafiropoulos, candidat du NPD, tire son patronyme de ses racines grecques et la candidate du Parti vert, Ingrid Hein, est fille d’immigrants allemands.
Le candidat du Parti libéral, Justin Trudeau, y voit d’ailleurs là une stratégie politique du Parti conservateur et du Nouveau Parti démocratique. «Les conservateurs veulent stratégiquement diviser le vote bengladeshi traditionnellement acquis aux libéraux en présentant M. Sarker pour une troisième fois de suite. La même chose du côté du NPD avec M. Zafiropoulos, qui lui-aussi cherche à aller chercher le vote grec acquis aux libéraux.»
Ayant grandi et vivant toujours dans Papineau, le candidat du NPD Costa Zafiropoulos ne voit pas les choses ainsi. «Bien sûr que ça peut créer une ouverture. Mais je suis membre du NPD depuis longtemps, je milite depuis quatre ans et demi. J’ai participé à l’élection de M. Mulcair (dans Outremont). Je répondrais que c’est la même chose pour M. Trudeau, c’est son nom qui fait autant sa campagne!», réplique-t-il. Selon lui, son parti, qui se maintient en troisième place dans les sondages au niveau national, a une chance d’aller gruger des appuis aux libéraux déçus et aux bloquistes désabusés.
La candidate du Parti vert, Ingrid Hein, dit qu’elle comprend bien la réalité de la population immigrante de Papineau. «Étant moi-même fille d’immigrants, je comprends ce qu’ils vivent. Mes parents sont arrivés ici avec rien et ont dû recommencer de zéro», dit-elle dans un français laborieux.
Pour ce qui est du candidat du Parti conservateur, Mustaque Sarker, il a décliné la demande d’entrevue de Métro. Les autres candidats se sont questionnés sur le fait qu’il baragouine à peine le français et qu’il n’a participé à aucun débat organisé dans la circonscription.