Recycler le passé pour évoluer
Alexandre Lambert voit le patrimoine d’une société comme un trésor qui doit être exploité. Avec la crise économique et énergétique qui sévit, l’urbaniste et étudiant au doctorat propose des solutions de développement durable du transport où l’innovation et la réutilisation sont étroitement liées.
Après avoir complété une maîtrise sur les infrastructures portuaires, Alexandre Lambert s’est lancé dans des études doctorales portant sur la planification régionale du transport des marchandises.
Posant un regard neuf sur les outils du passé, le jeune homme propose de réutiliser les moyens de transport qui ont été un peu délaissés au fil du temps, comme le bateau et le train, jugés plus désuets après l’arrivée de l’ère moderne.
«Après la Deuxième Guerre mondiale, il y a eu une grande valorisation de l’innovation, avec par exemple l’exploration de l’espace et l’apparition de la télévision, souligne l’étudiant. Plusieurs choses ont alors été mises de côté. Cela a créé des problèmes auxquels on fait face aujourd’hui, comme la congestion et le trafic.»
Celui qui a été conseiller en aménagement à la Ville de Montréal, entre autres pour le dossier de l’échangeur Turcot, suggère donc d’utiliser les infrastructures qui sont déjà en place dans notre ville pour rendre le transport plus efficace, plus économique et plus écologique.
«Il faut qu’il y ait convergence et non-concurrence entre les différents moyens de transport qui sont à notre portée, explique-t-il. Nous avons des installations portuaires, des chemins de fer et des autoroutes. Il faut maintenant les développer afin qu’elles se complètent l’une l’autre au lieu de construire de nouvelles infrastructures et de miser uniquement sur l’innovation.»
La diversité fait la force
«La diversité, c’est ce qui fait qu’une ville est forte et qu’elle survit, soutient l’urbaniste. Cette diversité est aussi essentielle en ce qui concerne les infrastructures d’une ville.»
Dans cet ordre d’idées, M. Lambert aimerait que la façon de voir certaines infrastructures, notamment le port de Montréal, évolue. «Le port est vu comme une chose laide qu’il faut cacher. Ses attraits touristiques ont été développés, mais on continue de cacher les conteneurs et les gros bateaux qui y accostent, alors que ce sont des choses impressionnantes à voir et qui font partie de la diversité de nos infrastructures, qui contribuent à la prospérité de notre économie.»
La longue bataille d’Alexandre Lambert
Obtenir un doctorat est déjà un grand défi en soi, mais c’est encore plus vrai pour Alexandre Lambert, qui doit jongler au quotidien avec la dyslexie.
«Plusieurs dyslexiques cachent leur handicap, car on juge beaucoup l’intelligence d’une personne sur sa façon d’écrire, explique le jeune homme de 29 ans qui a déjà donné des conférences à ce sujet. Moi, j’ai fait le choix il y a longtemps de ne pas cacher mon problème. J’ai mené une longue bataille pour vivre avec cette difficulté, surtout au secondaire. Mais les gens savent que je suis dyslexique, ils doivent l’accepter, et j’ai beaucoup d’aide pour corriger ma thèse, par exemple.»
Prévoyant terminer son doctorat en 2010, M. Lambert envisage aussi bien la possibilité de devenir professeur que celle de travailler pour un organisme public ou une firme privée. Mais une chose est sûre, cet homme travaillant souhaite faire connaître son approche. «C’est par un débat public qu’on fait bouger les choses», affirme-t-il.