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Les syndiqués du Journal de Montréal lancent leur arme numérique

Marie-Luce Pelletier-Legros, Métro

Les 253 travailleurs en lock-out du Journal de Montréal ont décidé de répondre à Quebecor par la «bouche de leurs crayons» en lançant officiellement, hier après-midi, ruefrontenac.com, un journal web au contenu original entièrement réalisé par les artisans du quotidien de la rue Frontenac.   

«C’est clairement un pied de nez à notre employeur, qui dit que les employés ne veulent pas reconnaître l’apport des nouvelles technologies dans leur travail. Avec le site, on démontre que l’on veut et que l’on est capables de le faire», a affirmé David Patry, membre du comité de négociations et journaliste en lock-out.

Le site ruefrontenac.com ne contiendra que du con­tenu exclusif et original et des textes signés par les journalistes en conflit. «Il n’y a pas de texte d’agence de presse sur le site, et on n’a pas l’intention d’en avoir. Nous voulons continuer de faire du journalisme professionnel comme nous l’entendons», a poursuivi M. Pa­try, qui a souligné que la création du site a seulement nécessité trois semaines de travail.

Les journalistes ont travaillé sur le contenu deux jours avant la mise en ligne officielle. Une section Petites annonces devrait aussi faire son apparition sur le site, puisque les employés de ce service se sont aussi retrouvés sur le trottoir.

Deux millénaires d’expérience
Dans les pages du Journal de Montréal d’hier, la direction présentait les cadres qui assurent sa production pendant le lock-out sous le titre «300 ans d’expérience». «Ensem­ble, ces journalistes chevronnés cumulent plus de trois siècles d’expérience dans le métier et revendiquent une quantité importante de scoops, de grandes enquêtes et de distinctions professionnelles», pouvait-on lire.  

«Juste pour le plaisir, j’ai calculé le nombre d’années d’expérience des membres de la salle de rédaction, qu’ils soient journalistes, photographes ou autres, en comptant seulement leurs années d’ancienneté au Journal… Ils cumulent en tout plus de 2 700 ans d’expérience, deux millénaires», a ironisé le journaliste de ruefrontenac.com.

Aucune nouvelle ronde de négociations n’est prévue. «Pour l’instant, nous n’avons pas eu de convocation du médiateur; alors nous poursuivons nos moyens de pression», a conclu M. Patry.

Quebecor a décrété un lock-out au Journal de Montréal samedi dernier. Lundi, les
253 travailleurs de l’information syndiqués du Journal ont voté à 99 % en faveur d’une grève générale illimitée.

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