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Une ville vert irlandais

En 1833, le tout premier maire de Montréal, Jacques Viger, dessine les armoiries de la ville.

Autour de la croix rouge, M. Viger prend soin de représenter les quatre groupes fondateurs de Montréal : le castor canadien-français (qui sera remplacé plus tard par le lys français), la rose anglaise, le chardon écossais et le trèfle irlandais y figurent.

«Les gens croient, à tort, que les Irlandais ne sont arrivés ici qu’après la grande famine. Ils étaient bien présents avant», ex­plique Lorraine O’Donnell, conservatrice invitée du Musée McCord pour l’exposition Irlandais O’Québec, qui s’ouvrira vendredi.

La grande famine représente quand même un événement charnière. De 1845 à 1852, un champignon parasite ravage les cultures de pommes de terre de l’Ir­lande. La famine décime le pays, et de nombreux Irlan­dais s’embarquent pour l’Amérique. En 1847, des milliers d’entre eux meurent au cours du voyage. Si 3 879 sont enterrés à Grosse-Île, quelque 5 000 ont leur sépulture à Mont­réal, au pied de ce qui est aujourd’hui le pont Victoria.

Autre signe qui démontre que les Irlandais étaient bien présents avant la grande famine : la basilique Saint-Patrick, le joyau de la communauté irlandaise catholique, a été inaugurée en 1845.

Les alliés des Canadiens-Français

«Les premiers Irlandais de la Nouvelle-France vivaient une intégration totale», selon de Mme O’Donnell. Alliés des Français, bon nombre d’entre eux changent leur nom pour le franciser. Le premier Irlan­dais, un certain O’Brennan, devient ainsi un Aubry.

À Montréal, c’est dans le quartier industriel de Griffintown que se concentre la communauté irlandaise. «C’est une communauté très structurée», raconte Lorraine O’Donnell. C’est d’ailleurs à Griffin­town que le tracé des rues en quadrilatères prend forme, bien avant d’être adopté par New York.

Les Irlandais ont aussi façonné le paysage montréalais en étant nombreux à participer à la construction du canal Lachine et du pont Victoria, entre autres.

Aujourd’hui, c’est la parade de la Saint-Patrick qui représente le mieux l’héritage laissé par les Irlandais, croit Mme O’Don­nell. «C’est une communauté encore très vivante et très présente.

Je suis étonnée  de voir les occasions de vivre en tant qu’Irlandais qui existent à Montréal.»

Quant à savoir si le projet immobilier de Griffintown respectera la mémoire des Irlandais, Mme O’Donnell n’est pas trop inquiète : «Je sais que la communauté ne se laissera pas faire», conclut-elle.

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