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Montréal entend avoir la Biosphère à l’oeil

Photo: Yves Provencher/Métro

La Ville de Montréal entend avoir à l’œil la Biosphère. Le locataire, Environnement Canada, ne pourra y faire ce qu’il veut, a averti mercredi la responsable de l’environnement à la Ville de Montréal, Josée Duplessis.

«S’ils veulent modifier la Biosphère en vulgaire lieu de bureaux, il faudrait modifier le protocole d’entente [qui lie le ministère de l’Environnement et la Ville de Montréal] et cela tomberait sur le parquet du conseil municipal», a expliqué Mme Duplessis.

Une lettre ouverte, signée par des représentants des milieux syndical, scolaire, politique et environnemental, a été rendue publique mercredi pour dénoncer l’intention d’Environnement Canada d’aménager dans la Biosphère son Centre de météorologie canadien et de mettre fin aux activités muséales.

La Ville de Montréal a signé en 1992 un protocole d’entente qui autorise jusqu’en 2019 le ministère fédéral de l’Environnement à rendre accessible au public la Biosphère et à y organiser des activités éducatives sur l’environnement. «Si cette mission change, il doit demander une modification au bail», a dit Josée Duplessis. Elle a précisé qu’il y a eu des discussions entre la Ville et le gouvernement fédéral, mais il n’y a eu aucune demande pour modifier le bail. Quoi qu’il en soit, Mme Duplessis a indiqué qu’elle était fermée à l’idée de modifier le bail.

Environnement Canada a indiqué à Métro qu’il respectera ses engagements envers Montréal. Il mène actuellement un « processus de transition» afin que de renouveler les «activités éducatives» à la Biosphère. Elles seront désormais axées sur la météo et l’environnement. La fermeture de la Biosphère ou même les coupures de personnel n’ont pas été évoqués dans le courriel qu’a transmis Environnement Canada à Métro.

Depuis le mois de mars, cinquante employés de la Biosphère – des muséologues, des éducateurs, des animateurs et des concepteurs – ont vu leur poste supprimé, d’après l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui est l’un des signataires de la lettre ouverte. «Les derniers qui sont encore là cherchent un emploi. Ils fuient le navire pour la bonne raison que le navire va couler», a indiqué le président de l’AFPC-Québec, Richard Landry.

D’après M. Landry, les activités éducatives ne sont plus offertes aux groupes d’élèves. L’accès à la Biosphère est maintenu, mais aucun muséologue ou éducateur n’y est.

La Biosphère attire annuellement près 135 000 visiteurs, dont 35 000 élèves, ce qui en fait un musée en santé, d’après le président de la Société des musées montréalais, Pierre Wilson. «Ça crée un vide dans l’offre muséal à Montréal, mais aussi au Canada, a-t-il dit. C’est le seul musée qui parle de l’environnement scientifique.»

«Ce qui arrive à la biosphère est un autre exemple du lent désintérêt envers la préservation du patrimoine, de la recherche, de la diffusion et l’éducation en science, en histoire et en art», a ajouté M. Wilson.

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