La qualité de l’air montréalais expliquée
Plusieurs sites de météo affichent l’indice de qualité de l’air, en plus des données météorologiques. D’où provient ce chiffre, et comment fait-on pour le mesurer? Métro a pu visiter une des 13 stations montréalaises d’échantillonnage et d’analyse de la qualité de l’air.
L’évolution de la qualité de l’air
D’après Diane Boulet, responsable du réseau de surveillance de la qualité de l’air, les Montréalais ont de quoi se réjouir. «La qualité de l’air se porte bien, a-t-elle assuré. Depuis les 10 dernières années, on a remarqué une baisse de la concentration de certains polluants.» Mme Boulet cite en exemple le plomb, qui a pratiquement disparu de l’air montréalais. Cela serait dû notamment aux lois régissant la présence de plomb dans l’essence, et aux changements de comportement des Montréalais, qui favoriseraient plus le transport en commun qu’autrefois et qui auraient délaissé le chauffage au mazout et au bois, selon elle. Deux polluants sont toutefois toujours sous surveillance: l’ozone et les particules fines.
Le smog…
Le smog d’été et le smog d’hiver proviennent de sources différentes. L’été, le smog est issu d’une série de processus chimiques complexes. Les COV, exposés au soleil, réagissent avec le NOx pour former l’ozone. Ce dernier réagit ensuite avec d’autres polluants, tels le NOx, pour former de petites particules qui causent le brouillard jaunâtre du smog urbain. L’hiver, ce sont plutôt les particules fines émises par le chauffage au bois ou au mazout qui seraient responsables du smog. Quand une couche d’air plus froid reste emprisonnée sous une couche plus chaude au-dessus de la ville, il y a une inversion thermique. Celle-ci empêche les particules de s’échapper dans l’atmosphère, augmentant leur concentration dans l’air jusqu’à ce qu’on voie un brouillard.
… et ses risques
Le smog serait responsable de la plupart des problèmes de santé liés à la qualité de l’air, d’après Karine Price, toxicologue au Directeur de la santé publique de Montréal. «Lorsqu’il y a des journées de smog, les populations les plus vulnérables sont les jeunes enfants asthmatiques et les gens atteints de maladies chroniques respiratoires ou cardiaques, a-t-elle avancé. Ces personnes ressentent souvent une augmentation de leurs symptômes, comme la toux et les écoulements nasaux. On recommande généralement aux gens de faire le moins d’activité physique possible quand il y a du smog.» Selon Mme Price, une étude de Santé Canada sur les décès liées à la pollution atmosphérique aurait décelé 1 100 morts par année à Montréal dus à l’exposition à long terme au smog, et 400 dus à l’exposition à court terme.
Que mesure-t-on?
À Montréal, on mesure continuellement cinq polluants majeurs se trouvant généralement dans l’air :
- Le dioxyde de soufre (SO2), qui provient surtout dela combustion incomplète du mazout.
- Le dioxyde d’azote (NOx), un gaz émis par lesautomobiles, qui donne sa couleur jaunâtre au smog.
- Le monoxyde de carbone (CO), lui aussi émis par les automobiles, et qui provient de la combustion incomplète des carburants.
- Les particules fines (PM2.5), des particules solides en suspension dans l’air plus petites que 2,5 micromètres, et qui sont donc respirables.
- L’ozone (O3), qui n’est pas émis par une source précise, mais qui est issu d’une réaction de certaines substances avec les rayons du soleil.
La vidéo de notre visite au réseau de surveillance de la qualité de l’air:
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