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La volonté d'aller toujours plus loin

«On manque de leadership et de passion au Canada.» Ce constat, Jose Gabriel Bran Lopez, Gabriel pour les intimes, ne le lance pas comme un reproche. Pour ce diplômé en communications et fondateur de l’organisme sans but lucratif Fusion jeunesse, ces lacunes représentent plutôt un défi.

Né au Guatemala pendant la guerre civile, Gabriel est arrivé au Québec à trois ans. «Mes parents ont tout quitté pour nous donner un avenir à moi, mon frère et ma sÅ“ur, raconte-t-il. Ils ont laissé derrière eux leur famille, leur maison, leur carrière pour venir au Québec.»

Ces sacrifices n’auront pas seulement marqué l’enfance de Gabriel Bran Lopez, ils auront en quelque sorte tracé la voie dans laquelle il est aujourd’hui bien engagé.

«C’est mon obligation d’offrir aux autres ce que la vie m’a offert», explique-t-il sans la moindre prétention.

Expériences décisives

Gabriel Bran Lopez n’a pas attendu le nombre des années pour concrétiser ses visées communautaires.

Après avoir visité des réserves cries du Québec au cours de ses études collégiales en théâtre, le jeune homme s’est rendu en Ouganda et au Sénégal afin de mettre sur pied des projets culturels et environnementaux destinés aux enfants défavorisés.

C’est cependant le gala Forces avenir 2007, où il a été lauréat, qui a bouleversé sa vie. Les huit conférences qu’il a offertes à la suite du gala l’ont en effet ouvert aux réalités du décrochage scolaire.

Convaincu qu’une plus grande implication des élèves du secondaire contribuerait à réduire le taux de décrochage inquiétant que connaît le Québec, ce diplômé de Concordia et président de Garnet Key, la société honorifique de l’université, a décidé de passer à l’action.

Avec l’appui de Concordia et de la Société de développement social de Ville-Marie, Gabriel Bran Lopez a fondé, en septembre dernier, Fusion jeunesse.

L’organisme s’emploie à jumeler des étudiants de niveau universitaire à des élèves d’écoles secondaires où les taux de réussite sont anémiques afin de leur donner un sentiment d’appartenance susceptible de les encourager à poursuivre leurs études.

Pour l’heure, sept stagiaires sont à l’Å“uvre dans les écoles Pierre-Dupuy, située dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, et James Lyng, située dans le quartier Saint-Henri.

Des projets en sciences, en musique, en communication, en politique, en sports, en entrepreneuriat et en environnement y ont été mis sur pied.

«Les jeunes ne sont pas les leaders de demain, ils sont les leaders d’aujourd’hui, rappelle le directeur général de Fusion jeunesse. Il faut leur offrir la solidarité et la coopération dont ils ont besoin.»

Devant les résultats encourageants déjà enregistrés, Gabriel espère faire passer de 7 à 20 le nombre de stagiaires à l’emploi de Fusion jeunesse dès septembre.

M. le premier ministre?

Même si tenir les rênes de Fusion jeunesse occupe passablement Gabriel Bran Lopez, l’infatigable travailleur a déjà un autre objectif en tête : la vie politique.

Ayant vécu un «baptême de l’air» hors de l’ordinaire en étant finaliste à l’émission Canada’s Next Great Prime Minister, diffusée mercredi dernier sur les ondes de CBC, Gabriel a eu la piqûre.

«J’ai envie de représenter la population, précise celui qui aimerait, un jour, être député fédéral. Je n’irais pas en politique pour changer les choses, je n’idéalise pas la politique à ce point, mais j’ai besoin de parler pour la population.»

À en croire l’ancien premier ministre Paul Martin, qui a dit aimer la façon qu’a Gabriel Bran Lopez de parler avec son cÅ“ur, il ne faudrait pas être surpris de le retrouver plus vite que prévu sur la scène politique.

Il n’est d’ailleurs pas exclu que ce leader dans l’âme soit de la prochaine campagne municipale.
www.gabrielbranlopez.com

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