Feu vert de l’OCPM pour convertir l’entrepôt Van Horne
L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) donne son appui au projet de transformation de l’entrepôt Van Horne en complexe multiusage comprenant un hôtel. L’organisme émet toutefois certaines recommandations pour mieux encadrer certaines des améliorations proposées par le promoteur.
L’entrepôt Van Horne est l’un des édifices industriels iconiques de Montréal. Situé entre la voie ferrée du CP et l’avenue Van Horne, à la frontière entre le Mile End, la Petite-Italie, le Mile-Ex et Outremont, l’architecture marquante de l’édifice domine le secteur et agit comme témoin de son passé industriel.
Depuis 2022, les élus débattent d’un projet de transformation de l’entrepôt en hôtel. En plus de convertir l’édifice principal, le promoteur démolirait et remplacerait l’édifice adjacent. Le projet nécessitent d’importants changements réglementaires de la part de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
Après une première consultation des résidents du secteur, l’arrondissement a demandé des améliorations au projet. Le promoteur, société immobilière Rester Management, a ajouté des espaces pour des ateliers d’artistes, un local communautaire et des espaces à bureaux. Une serre et une terrasse accessible au public seraient ajoutées sur le toit. L’hôtel n’occuperait plus que 50% de l’espace.
L’arrondissement a tout de même soumis la proposition bonifiée à l’OCPM, étant donnée l’importance de l’édifice.
Un projet exemplaire
Dans son rapport publié jeudi, l’OCPM recommande d’approuver le projet tel que soumis, avec quelques recommandations pour sécuriser les améliorations proposées.
«La commission considère que le projet est globalement bien accueilli, notamment parce qu’il pourrait permettre de redonner vie à un bâtiment emblématique du secteur», affirme l’organisme.
Philippe Bourque, président de l’OCPM, estime que le projet a été mené d’une manière exemplaire.
Ce projet illustre très bien à quel point la consultation et l’implication des populations concernées par un projet peut être un facteur déterminant d’acceptabilité sociale. L’approche de la société immobilière et des équipes de l’arrondissement à cet égard est à souligner; les intervenants n’ont pas hésité à se placer en mode écoute devant les préoccupations légitimes soulevées au fil du temps, puis à ajuster le projet en conséquence.
Philippe Bourque, président de l’OCPM
Enthousiasme et inquiétudes
Pas moins de 331 personnes et organismes se sont prononcés sur le projet de transformation de l’entrepôt Van Horne. La plupart ont montré de l’enthousiasme pour le projet bonifié. Ils ont toutefois émis des inquiétudes concernant la pérennité de certains aspects, comme les ateliers d’artistes promis.
Nous sommes à la fois enthousiastes et inquiets [au sujet du] projet […] Ces deux réactions pourraient sembler, [de] prime abord, en opposition, mais tout au contraire, elles sont indissociables, car toutes deux intimement liées au succès du projet que nous souhaitons.
Extrait d’un commentaire citoyen reçu par l’OCPM
Certains des résidents du secteur craignent que le bâtiment ne participe à transformer le Mile End en hub touristique. D’autres estiment qu’il serait plus avantageux de mettre des logements dans l’entrepôt Van Horne – une idée écartée par l’OCPM à cause de la voie ferrée et du zonage.
L’OCPM retient toutefois que certaines des améliorations proposées méritent d’être mieux encadrées. L’organisme recommande à l’arrondissement d’adopter un «règlement de citation de bien patrimonial» afin de mieux protéger le statut patrimonial de l’édifice.
Il émet aussi plusieurs recommandations visant à protéger les ateliers d’artistes, notamment:
- Soutenir financièrement les ateliers d’artistes;
- Créer une fiducie d’utilité sociale pour les gérer.
L’OCPM recommande aussi d’enchâsser certains aspects du projet dans une entente-cadre.
Contactée par Métro, la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Cathy Wong, accueille les recommandations. Elle espère qu’elles seront entérinées par le conseil municipal.
«La prise en compte de ces recommandations, notamment les garanties concernant l’abordabilité durable des ateliers d’artistes et l’accès à des espaces communautaires, sont des conditions incontournables. […] Dans les prochaines semaines, nous prendrons également le temps de prendre le pouls des organisations qui ont contribué au débat entourant ce projet pour voir comment elles réagissent au rapport», dit-elle.
Le conseil municipal doit maintenant se prononcer sur les changements réglementaires proposés.