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Élections à Montréal: Les pions sont sur l'échiquier, la partie commence

Un coup d’oeil sur les principaux enjeux, les forces et faiblesses des candidats et les arrondissements à surveiller lors des prochaines élections municipales à Montréal…

Deux mois avant les élections, le maire Gérald Tremblay, qui brigue un troisième mandat, fait face à plusieurs défis. Sur le plan politique, il aura une opposition de choix qui tentera de montrer que la métropole a périclité durant les huit dernières années.

L’autre enjeu sera le taux de participation. De ce côté, les affaires de corruption qui secouent la mairie n’aideront pas à redonner confiance à des citoyens souvent incapables de nommer leurs élus.

FORCES ET FAIBLESSES DES CANDIDATS
L’avis de Laurence Bherer, professeure adjointe au Département de science politique de l’Université de Montréal.

  • Gérald Tremblay
    «Gérald Tremblay est sympathique et cherche le consensus, mais ses forces sont aussi ses faiblesses.»
  • Louise Harel
    «Louise Harel connaît bien Montréal et est un leader incontestable, mais son bilan politique est lié aux fusions municipales.»
  • Richard Bergeron
    «M. Bergeron a un programme cohérent et un parti organisé, mais il n’est pas assez connu. Les électeurs le suivront-ils aussi loin sur le terrain de l’environnement?»
  • Louise O’Sullivan
    «Louise O’Sullivan est une candidate-surprise, elle diversifie l’offre électorale, mais elle reste méconnue et peine à se faire entendre.»

ARRONDISSEMENTS À SURVEILLER
Ahuntsic-Cartierville. Très disputé. Les principaux partis y ont tous présenté des candidats d’importance.

  • Ville-Marie. En accord avec la Loi 22, le maire de Montréal sera automatiquement élu maire du centre-ville. Se présentent comme conseillers : Sammy Forcillo (Union Montréal) et le no 2 de Vision Montréal, Benoit Labonté.
  • Plateau-Mont-Royal. Projet Montréal espère y faire le plus de gains. Le parti du maire compte pour sa part sur un candidat de poids, Michel Labrecque, l’actuel président de la STM.
  • LaSalle. L’arrondissement où les citoyens sont le plus taxés, d’après l’opposition à la mairesse Manon Barbe (Union Montréal), qui compte là-dessus pour se faire du capital.
  • Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. Pour essayer de déloger Anie Samson (Vision Montréal), Union Montréal envoie le frère du maire, Marcel Tremblay.
  • Outremont. Si les scandales de l’ancien maire Stéphane Harbour sont choses du passé, l’actuelle mairesse Marie Cinq-Mars (Union Montréal) faisait partie de cette équipe controversée… ce que l’opposition veut utiliser.
  • Montréal-Nord. Le maire Marcel Parent (Union Montréal), dont la gestion des émeutes a été dénoncée, prend sa retraite. L’opposition espère y faire des gains.

QUELS SERONT LES ENJEUX DE LA CAMPAGNE?
Sur quels terrains se jouera la campagne? Les avis de deux politicologues que Métro a interrogées divergent.

Pour Winnie Frohn, directrice du Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, il faut qu’un débat sur la structure municipale ait lieu. Elle suggère notamment de revoir le mode de fonctionnement du conseil d’agglomération, dont les membres seraient élus directement par la population et non nommés par les maires des villes qui composent la métropole.

Laurence Bherer se demande quant à elle si les questions de gouvernance intéresseront les électeurs, dont les deux tiers ont boudé les urnes il y a quatre ans. Voilà pourquoi il faudra insister sur les questions de transport, notamment dans les quartiers difficiles, ainsi que sur la place qu’on compte donner au développement durable.

Parmi les autres enjeux cités, notons le logement social et communautaire, le développement des quartiers et une plus grande représentation des immigrants et des femmes dans la composition des partis.

«Pour le moment, il y a beaucoup d’attaques personnelles, alors que le contenu du programme des partis reste encore vague», note Mme Bherer.


L’HÉRITAGE TREMBLAY

Professeur adjointe au Département de Sciences politiques de l’Université de Montréal, Laurence Bherer analyse les résultats du maire Gérald Tremblay sous l’angle de la démocratie locale.

Bons coups :
– Le Sommet de Montréal 2002. Le maire a réuni plusieurs centaines de personnes pour discuter de l’avenir de la métropole. C’est l’événement fondateur duquel découle encore plusieurs projets.

– La Charte montréalaise des droits et responsabilités (2006) qui a notamment renforcé le rôle de l’Ombudsman pour défendre les intérêts des citoyens face à l’administration municipale.

– La Politique de consultation et de participation publiques qui promeut la participation des citoyens à tous les échelons.

– Le Plan de transport qui a permis de remettre de l’avant le transport en commun et fait naître le Bixi. L’administration n’hésite pas à défendre son Plan devant le gouvernement si ses projets son contestables.

Mauvais coups :
– La place des femmes. Même si leur présence est plus importante, elles n’accèdent pas aux postes clés au sein du comité exécutif.

– Même si tout n’est pas mauvais dans la décentralisation des services municipaux, la façon dont elle a été faite à Montréal donne l’impression que la ville est devenue ingouvernable.

– Le projet Griffintown. On a désavoué l’Office de consultation publique en laissant l’arrondissement et le promoteur organiser la consultation alors que le projet touche l’ensemble de la ville.

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