Soutenez

Les syndiqués du Journal de Montréal «rentrent au bureau»

Le lock-out au Journal de Montréal entrera officiellement dans son
septième mois demain. Les syndiqués ont souligné la chose par un coup
d’éclat hier alors qu’ils ont bravé l’injonction qui leur interdisait
de s’approcher des locaux du quotidien de la rue Frontenac et sont
rentrés au bureau.

Pendant qu’une partie des syndiqués attendaient de façon bruyante dans
le hall, d’autres se sont aventurés dans la salle de rédaction, où des
cadres préparaient le journal. Ce bref retour «à la maison» s’est fait
dans le calme, mais a remué plusieurs des lock-outés.

«C’est bouleversant de rentrer, a expliqué, de retour sur le piquet de
grève, Jean Béland, responsable de l’informatique pour la rédaction du
Journal de Montréal. C’est particulièrement difficile de voir des gens
avec qui ça fait 30 ans que tu travailles qui, soudainement, te
regardent comme s’ils ne te connaissaient pas.»

Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal
de Montréal (STIJM), Raynald Leblanc, a indiqué qu’il était important
que le conflit ne sombre pas dans l’oubli.
 
Un automne chaud
Le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal
(STIJM) promet d’être actif cet automne. Un retour devant la Commission
des relations de travail (CRT) fait notamment partie du plan de match
du STIJM. Même s’il a été en partie débouté au début du mois par la
Commission, qui n’a retenu qu’un élément de sa plainte, le syndicat
cherchera à nouveau à démontrer que le Journal de Montréal fait appel à
des briseurs de grève.

Selon la décision de la CRT, le Journal de Montréal ne peut faire appel
à des collaborateurs pigistes pour réaliser des entrevues en
remplacement des journalistes en lock-out. Or, selon Raynald Leblanc,
la direction du quotidien a de nouveau erré.

«Une semaine après que la Commission eut rendu sa décision, le Journal
a publié une longue entrevue de Geneviève Borne avec Paul McCartney, a
indiqué M. Le­­blanc. Selon nous, il s’agit clairement d’un outrage au
tribunal.»

Pas de négociations
En six mois de conflit, aucune négociation n’a eu lieu entre Quebecor
et les syndiqués du Journal de Montréal. Rien n’est prévu à cet effet
dans les semaines à venir.

«Le syndicat tient malheureusement un discours très nostalgique et refuse d’admettre que le Journal souffre de la crise économique, au même titre
que ses compétiteurs, a expliqué Isabelle Dessureault, vice-présidente
aux affaires publiques chez Quebecor Media. Tant que le syndicat
maintient cette analyse, ça ne sert à rien de retourner à la table de
négociation.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.