Sites d'injection supervisée: CACTUS Montréal espère encore
Vingt ans après sa fondation, CACTUS Montréal espère toujours que des sites d’injection supervisée verront le jour dans la métropole. «Ce n’est pas la solution miracle, admet le président de l’organisme, Me Louis Letellier de Saint-Just. [Mais] c’est évident que des gens, avec le soutien d’organismes comme le nôtre, vont arrêter de consommer. On ne leur fera pas la morale. L’idée, c’est de leur permettre d’ouvrir une porte du réseau vers laquelle ils ne viendraient pas.»
Me Letellier de Saint-Just estime que, dans le meilleur des mondes, il y aurait trois sites d’injection supervisée à Montréal : un à Hochelaga-Maisonneuve, un autre au centre-ville et un dernier sur le Plateau. Selon lui, le gouvernement devrait prendre une décision, soit donner le feu vert ou non au projet d’ici trois ans. CACTUS Montréal ne veut en aucun cas copier le modèle de site d’injection supervisée de Vancouver. «Les décès par surdose, c’était [un problème] criant à Vancouver et c’est ce qu’il fallait faire, explique le président de CACTUS Montréal. La solution pour Montréal n’est pas celle de Vancouver.»
Aider les marginaux
Depuis 20 ans, CACTUS Montréal a pour mission de freiner la propagation du VIH/sida et autres infections grâce à la distribution de seringues et de condoms. C’est un groupe de professionnels qui a mis sur pied l’organisme il y a 20 ans. «On s’est dit qu’il fallait rejoindre [les clientèles marginales] autrement, raconte Louis Letellier de Saint-Just. Vous voulez vous piquer? Piquez-vous comme du monde. Si vous voulez baiser, baisez comme du monde. Protégez-vous!»
Après avoir déménagé de sous-sol en sous-sol, CACTUS Montréal est aujourd’hui bien en vue, au coin des rues Sainte-Catherine et Sanguinet. «On est sortis des sous-sols, indique le président de l’organisme. Notre idée, c’était de redonner leur dignité aux gens pour qu’ils cessent de se cacher. Il faut ouvrir les portes et lever les rideaux. Ce sont des êtres humains et ils sont démunis.»
En plus, plusieurs programmes ont été instaurés pour redonner un peu d’estime de soi à ces clientèles ostracisées. Par exemple, CACTUS Montréal a mis en place un projet de travail communautaire pour les ex-toxicomanes et un programme particulier pour les personnes travesties et transgenres.