Manifestation en solidarité avec le mouvement turc à Montréal
«Assez, c’est assez !», ont scandé plus de 300 personnes, réunies au Parc du Mont Royal dimanche pour appuyer la vague de contestation qui déferle sur la Turquie depuis deux semaines.
«Erdogan est un fasciste», pouvait-on lire sur plusieurs pancartes, alors que d’autres réclamaient la démission du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, confronté à l’un des plus importants mouvements de protestation depuis l’arrivée de son parti au pouvoir en 2002.
«Je veux que la Turquie puisse devenir un pays moderne, elle doit se débarrasser de ce gouvernement islamo-conservateur», lance un des organisateurs de la manifestation, Elef Comlekci. Arrivé au Québec en 2010, le jeune Turc de 18 ans a organisé cet évènement à l’aide de Facebook, «pour que les gens se rendent compte que les Turcs se battent pour leur liberté d’expression».
Ce rassemblement est le deuxième organisé en soutien de la contestation turque en moins de dix jours. Il devrait être organisé à nouveau chaque dimanche jusqu’à ce que le vent de contestation s’estompe.
Le gouvernement Erdogan est accusé de dérives autoritaires et de vouloir «islamiser» la société turque, explique la manifestante belgo-turque Cibel Kose. Cette dernière rappelle l’origine de la protestation populaire : le projet de réplique d’une caserne militaire de l’empire ottoman à la place du parc Taksim Gezi et de ses 6000 arbres, à Istanbul. «La contestation de ce projet d’aménagement urbain est menée essentiellement par des étudiants qui se font écraser sous la brutalité policière», dit-elle.
Le gouvernement Harper devrait sortir de son mutisme et critiquer la répression menée par le président turc en exigeant plus d’écoute et de conciliation, estime le député de Québec solidaire, Amir Khadir, venu se joindre au rassemblement.
Propagation
Depuis le 28 mai, des centaines de militants occupent la place Gezi.
- La contestation partie d’Istanbul s’est propagée à d’autres villes du pays, tels que Izmir (ouest), Antalay (sud) et la capitale Ankara
- De nombreux incidents violents ont opposé les policiers aux manifestants.








