Louise Harel montre la porte à Benoit Labonté
À deux semaines du scrutin municipal et un peu plus de 48 heures après
que ses contacts avec le controversé homme d’affaires Tony Accurso
eurent été révélés par ruefrontenac.com, Benoit Labonté, ancien chef de
l’opposition et lieutenant de Louise Harel, a été forcé de démissionner
de Vision Montréal aujourd’hui.
C’est la chef du parti, Louise Harel, qui en a fait l’annonce en
l’absence du principal intéressé. Selon les explications fournies,
Benoit Labonté aurait refusé de se présenter dans les studios de TVA ce matin, tel que le lui demandait Louise Harel, afin de «dissiper
les doutes». Mme Harel aurait alors exigé sa démission. «Les
réponses fournies par Benoit Labonté n’ont pas été satisfaisantes, a
indiqué Louise Harel. Puisqu’un doute subsistait, il devait quitter.»
Benoit Labonté a avisé le bureau des élections qu’il retirait sa
candidature pour le poste de conseiller de ville dans Ville-Marie.
Action rapide
Louise Harel a tenu à se dissocier des présumés agissements de Benoit
Labonté. «Je veux que les Montréalais sachent que ça m’a seulement pris
48 heures pour me rendre compte de ce qui se passait et pour agir»,
a-t-elle déclaré.
Mme Harel a par ailleurs répété que les sources anonymes qui
ont permis la réalisation des reportages diffusés par Rue Frontenac,
Radio-Canada et TVA devaient montrer leur visage, sans quoi elle
pourrait conclure à une machination.
Harel veut revoir les règles de financement
En marge de l’annonce de la démission de son ancien lieutenant, Benoit Labonté, la chef de Vision Montréal a indiqué son intention de demander au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) de revoir les règles de financement des partis.
Mme Harel souhaiterait que le DGEQ examine le financement des campagnes à la chefferie, la pratique des dons anonymes et la publications des noms des donateurs. «Il est clair que la loi actuelle comporte des lacunes sérieuses qu’il importe de corriger pour garantir la transparence du processus démocratique», a-t-elle déclaré.
Bouc émissaire
Benoit Labonté n’aura été que le «bouc émissaire» d’un processus de financement qui a «sans doute déjà infiltré le parti au pouvoir», selon Louise Harel. «Il n’y a pas de tradition de financement propre à l’Hôtel de ville, a-t-elle affirmé. Si nous sommes élus le 1er novembre, nous l’implanterons. Il n’y a que l’argent propre qui peut chasser l’argent sale.»
La candidate à la mairie n’a d’ailleurs pas manqué d’écorcher au passage le maire sortant Gérald Tremblay, précisant qu’Union Montréal a reçu «près de 325 000 $ en dons anonymes» depuis quatre ans.
Réactions
Le maire sortant, Gérald Tremblay, n’a pas voulu se réjouir des
malheurs de son adversaire. «Je ne vois pas ce qu’il y a de
réjouissant, a-t-il déclaré. Ça contribue à alimenter le niveau de
cynisme de la population, ce qui est néfaste pour tous les élus
municipaux.»
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a été plus dur envers son
adversaire. Il a notamment affirmé avoir «communiqué à Louise Harel
toute l’information nécessaire pour comprendre le personnage Benoit
Labonté un mois avant qu’elle annonce sa décision de devenir candidate
à la mairie».
Nouveau bras droit
Louise Harel a désigné, cet après-midi, Pierre Lampron à titre de nouveau
lieutenant. M. Lampron, qui a été vice-président aux relations
institutionnelles de Quebecor Media, président et directeur de TVA
International et TVA films, devait devenir porte-parole en matière de
culture pour Vision Montréal. Advenant l’élection de Mme Harel le 1er
novembre, il sera finalement nommé président du comité exécutif.