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Stress post-traumatique: Des policiers résilients

Même s’ils risquent davantage de vivre des événements dramatiques que le reste de la population, les policiers ne semblent pas souffrir de stress post-traumatique plus que les autres citoyens. C’est du moins ce que conclut la première étude sur les réactions post-traumatiques des policiers montréalais, publiée lundi par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

En tout, 1 664 policiers actifs et retraités du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été con­tactés, en 2004, pour prendre part à l’étude menée par les chercheurs André Marchand, Richard Boyer, Mélissa Martin et Céline Nadeau. De ce nombre, 169 policiers ont accepté.

Les chercheurs ont cons­taté que 84 % des policiers interrogés avaient vécu un événement traumatique dans le cadre de leurs fonctions. Or, seulement 7,6 % d’entre eux ont par la suite connu un état de stress post-traumatique. Ce taux n’est pas beaucoup plus élevé que les quelque 7 % observés dans la population en général, qui est pourtant moins susceptible de vivre des événements traumatiques.

«Malgré le fait que les policiers affrontent des événements traumatiques de façon répétée, ils ne manifestent pas un taux d’état de stress post-traumatique plus élevé que les autres membres de la communauté, écrivent les chercheurs. Il est possible que les critères de sélection lors de l’embauche permettent de sélectionner le personnel le plus apte à effectuer les tâches relatives au milieu policier. Les policiers reçoivent également un entraînement rigoureux afin d’être habilités à affronter des situations stressantes, ce qui peut leur procurer une forme d’inoculation au stress.»

Communication

Un phénomène d’autosélection pourrait également exister, selon les chercheurs. Cela ferait en sorte que les policiers incapables de composer avec le stress de la profession quitteraient leur poste prématurément.

La majorité des policiers ayant vécu un stress post-traumatique ont indiqué que parler de leur expérience avait été bénéfique. L’appui de leur entourage leur avait aussi permis de passer plus facilement à travers cette épreuve. Les chercheurs espèrent que leurs conclusions pourront aider le milieu policier à mettre en place des stratégies susceptibles de favoriser le développement de mécanismes de protection face aux événements traumatiques.

Une nouvelle étude prospective a aussi été lancée en mai 2006 afin de compléter les résultats obtenus avec l’étude de 2004.

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