Montréal

Le transport en commun pour lutter contre les gangs de rue

Les jeunes qui ont facilement accès au transport en commun et qui ont la possibilité de se déplacer seuls sont moins susceptibles d’ad­hérer à un gang de rue que les autres.

C’est du moins ce que suggère une étude menée par l’Institut national de la re­cherche scientifique (INRS), dont les résultats préliminaires ont été dévoilés hier en marge du colloque sur la prévention de la criminalité dans le monde du Centre international pour la prévention du crime.

L’étude, baptisée Moving around to get out, est née des craintes suscitées par l’arrivée du métro à Laval. À l’époque, plusieurs Lavallois avaient exprimé des appréhensions face à la possible migration des gangs de rue montréalais vers leur territoire.

Conséquences positives
La mobilité accrue qui a découlé du prolongement de la ligne orange du métro de Montréal n’aurait pas eu les effets redoutés, selon la professeure-chercheuse à l’INRS Julie Anne Boudreau, qui a étudié un groupe de jeunes âgés de 17 à 25 ans. «Nous avons constaté que plus les jeunes sont en mesure de se déplacer facilement et d’être autonomes rapidement, plus ils ont de la facilité à prendre des décisions et plus ils sont articulés, a indiqué Mme Boudreau.

Les jeunes qui prennent le transport en commun et qui sortent de leur quartier semblent avoir développé davantage leur curiosité et leur sens de l’observation.» Ces acquis permettraient ensuite aux jeunes de se faire une opinion sur les gangs de rue. «Nous avons remarqué qu’une mo­bilité autonome permet aux jeunes d’être mieux préparés à analyser la problématique des gangs de rue, a expliqué la chercheuse. Ils peuvent donc prendre une décision plus éclairée si la possibilité d’y adhérer leur est offerte.»

Une piste de solution?
Ces premiers résultats sont porteurs d’espoir selon Julie Anne Boudreau, qui a toutefois précisé que des analyses plus approfondies seront né­cessaires avant de tirer des conclusions. «Nous devons étudier les comportements des moins de 17 ans avant de déterminer à quel point une mobilité ac­crue encourage le développement des jeunes, a-t-elle soutenu. Pour l’instant, nous a­vons noté qu’elle influence, chez les 17 à 25 ans, le niveau d’es­time de soi et de con­fiance.»

Si les résultats des études à venir devaient aller dans le même sens que ceux obtenus jusqu’à maintenant, le transport urbain pourrait devenir un moyen de lutter contre les gangs de rue selon Mme Bou­dreau. Des programmes scolaires ou communautaires pourraient alors voir le jour afin d’aider les jeunes à développer les connaissances nécessaires à la mobilité autonome.

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