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Harel, Bergeron et Coderre demandent la démission d’Applebaum

Marie-Eve Shaffer et Daphnée Hacker-B. - Métro

Quelques heures après l’arrestation du maire de Montréal, Michael Applebaum, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, a réclamé lundi matin la démission de ce dernier.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, et le candidat à la mairie, Denis Coderre, lui ont emboîté le pas et ont demandé au maire intérimaire de Montréal de quitter ses fonctions.

Mme Harel a également enjoint le gouvernement du Québec de ne pas mettre la métropole sous tutelle, comme c’est le cas présentement pour la Ville de Laval. «Il faut une solution montréalaise au problème montréalais», a-t-elle déclaré, à l’hôtel de ville.

La chef de la majorité au conseil municipal de Montréal a souligné que la situation de Montréal est différente de celle de Laval puisque les membres du comité exécutif et de la direction générale ne font pas l’objet d’allégations de corruption ou de collusion.

Louise Harel s’est dite indignée par l’arrestation du maire de Montréal. Elle souhaite maintenant que le conseil municipal nomme un nouveau maire intérimaire dans les 30 prochains jours. D’après elle, les candidats à la mairie de Montréal ne devraient pas pouvoir prendre les rênes de la métropole jusqu’aux prochaines élections.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, croit aussi qu’un nouveau maire intérimaire doit être nommé rapidement pour assurer une transition – qu’il souhaite tranquille – jusqu’aux prochaines élections. «L’enjeu pour Montréal, c’est le 3 novembre prochain», a rappelé M. Bergeron.

Projet Montréal présentera «probablement» un candidat à la mairie intérimaire. M. Bergeron croit qu’il sera possible de s’entendre avec son adversaire au conseil municipal, Louise Harel, pour trouver la bonne personne pour remplacer M. Applebaum.

Le président du comité de exécutif de la Ville de Montréal, Laurent Blanchard, a affirmé lundi que la démission du maire Michael Applebaum n’est pas «souhaitable pour la démocratie montréalaise», mais qu’elle est inévitable.

M. Blanchard a insisté sur le fait que M. Applebaum est présumé innocent. Il s’est dit convaincu qu’il «prendra sa décision dans le meilleur intérêt des Montréalais».

Le président du comité exécutif a demandé la collaboration des élus municipaux pour que le conseil municipal se déroule rondement.

«L’important, c’est que la Ville fonctionne et continue de fonctionner jusqu’au 3 novembre prochain», a-t-il lancé.

Tout comme Louise Harel et Richard Bergeron, Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal, a rejeté l’idée d’une tutelle pour Montréal.

Selon M. Coderre, l’administration municipale peut fonctionner jusqu’à la tenue des prochaines élections, en novembre.

«On n’a pas besoin de tutelle, on a besoin d’être pragmatique, a-t-il déclaré. On va demander aux gens d’être patients. Entre-temps, les élus du conseil de ville vont faire leur travail et prendre leurs responsabilités.»

Une mairesse suppléante, Jane Cowell-Poitras, conseillère de ville à Lachine depuis 2009, est déjà nommée, a rappellé M. Coderre.

M. Coderre a expliqué que la situation à Montréal différait de celle de Laval, où une tutelle a été mise en place, en raison du nombre d’élus impliqués dans des malversations, ce qui . «À Laval, on a l’impression que tout le monde est dedans [le système de corruption]. Est-ce qu’on a cette impression à Montréal? Non. Ça ne concerne que certains individus», a soutenu le politicien.

«Pour ce qui est de Michael Applebaum, je tiens à dire que, même si je crois à la présomption d’innocence, il devrait se regarder dans le miroir et se demander s’il a encore l’autorité morale pour rester au pouvoir», a affirmé Denis Coderre, en marge d’un point de presse où il a dévoilé les noms d’un groupe d’élus qui se joignent à son parti.

La nouvelle candidate à la mairie de Montréal, Mélanie Joly, a aussi rejeté l’idée d’une tutelle pour la métropole. Selon elle, la tutelle n’a pas de raison d’être, notamment parce que les actes de fraudes reprochés au maire par intérim, Michael Applebaum, concernent son arrondissement. Elle demande toutefois sa démission, «dans l’intérêt des Montréalais».

Sans se prononcer en faveur de la démission du maire Applebaum, Anie Samson, la mairesse de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, croit que l’arrestation du maire intérimaire va amplifier la méfiance du public envers les élus, qui devront faire preuve de transparence «extrême».

Elle a du même souffle précisé les suggestions qu’elle fera lors du conseil municipal prévu lundi soir. «Je veux que nous continuions de gérer la Ville au quotidien, sans prendre d’engagement pour la prochaine administration», a-t-elle indiqué.

Marvin Rotrand, qui a initié Michael Applebaum à la politique municipale en 1992, s’est dit sous le choc à la suite de l’arrestation du maire.

«Je suis totalement sous le choc. Je n’y crois pas», a affirmé lundi le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, en réaction à l’arrestation de Michael Applebaum. Les deux élus se sont côtoyés pendant près de 20 ans dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

«Je connais Michael Applebaum. C’est une personne honnête. Il met toujours les citoyens au premier plan», a affirmé M. Rotrand.

Il a insisté sur le fait que Michael Applebaum est présumé innocent, mais selon lui, le maire devrait tout de même démissionner puisque sa carrière politique est grandement compromise.

Marvin Rotrand a dit ignorer quels sont les projets immobiliers de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce qui sont touchés par l’enquête de l’UPAC.

Michael Applebaum a été arrêté tôt lundi matin par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à sa résidence de l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, tout comme l’ancien conseiller municipal Saulie Zadjel et le haut fonctionnaire, Jean-Yves Bisson. Ils ont tous été conduits au quartier général de la Sûreté du Québec.

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