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Sclérose en plaques: le Collège des médecins appelle à la prudence

Le Collège des médecins met en garde les personnes atteintes de la sclérose en plaques qui seraient tentées de subir un traitement pour débloquer leurs veines du cou. «Nous ne recommandons pas aux patients d’avoir une angioplastie veineuse tant et aussi longtemps que les données scientifiques ne démontrent pas les bénéfices de cette approche», a insisté mardi le président de l’Association des neurologues du Québec, le Dr Marc Girard.

En novembre 2009, l’émission W5, diffusée sur les ondes de CTV, rapportait que Dr Paolo Zamboni avait émis l’hypothèse selon laquelle il existerait un lien entre la sclérose en plaques et une obstruction veineuse au niveau du cou, ce qui avait suscité beaucoup d’espoir. Le médecin italien avait même élaboré un traitement d’angioplastie (élargissement et désobstruction) des veines. Depuis, neuf études ont été réalisées pour valider les résultats des recherches du Dr Zamboni et une seule a présenté des résultats s’y rapprochant. Devant ces conclusions mitigées, sept autres études menées aux États-Unis et au Canada ont été lancées. Les résultats seront connus d’ici deux ans.

En attendant, ce qui inquiète le Collège des médecins, c’est que des cliniques médicales privées offrent à l’étranger le traitement d’angioplastie veineuse. Jusqu’à présent, quelques dizaines de Québécois – le nombre exact n’est pas connu – ont dépensé environ 10 000$ pour subir le traitement. «Malgré le fait qu’ils disent que leur condition s’est améliorée, nous observons peu d’améliorations soutenues chez les patients à l’examen neurologique, a rapporté le Dr Girard.

On constate aussi que pour certains patients, l’effet bénéfique diminue après quelques semaines, ce qui justifie, selon eux, le fait d’avoir une deuxième et même une troisième angioplastie». «L’angioplastie peut causer des complications, a précisé de son côté le président de l’Association des radiologiste du Québec, Frédéric Desjardins. La principale est la thrombose veineuse (formation d’un caillot)». Dans de rares cas, la thrombose veineuse peut entraîner une embolie pulmonaire ou même un AVC.

Les patients traités à l’étranger demandent qu’un suivi médical soit effectué au Québec, mais la communauté médicale n’a pas déterminé les critères pour diagnostiquer les obstructions veineuses, ni dans quel cas elles devraient être traitées. Les médecins sont toutefois prêts à traiter des complications si besoin il y a.

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