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Encore loin d'une entente sur l'île Charron

Le gouvernement du Québec tente toujours d’en venir à une entente avec le promoteur immobilier Investissement Luc Poirier afin d’acquérir son terrain de l’île Charron, le protéger et l’annexer au parc national des Îles-de-Boucherville. La mésentente sur le prix à payer semble toutefois très loin d’être réglée.

Le terrain est sous le coup d’une réserve, la deuxième consécutive et dernière possible en vertu de la loi, qui empêche son propriétaire d’y apporter quelque modification que ce soit avant le 29 octobre 2011. Québec espère en venir à une entente avec Investissement Luc Poirier avant cette date. «Le gouvernement souhaite acquérir le terrain pour sa valeur écologique et non pour sa valeur commerciale, a expliqué Sarah Shirley, l’attachée de presse du ministre de l’Environnement, Pierre Arcand. Le promoteur base l’évaluation de son terrain sur une base commerciale, mais le gouvernement ne peut pas s’adonner à de la surenchère avec l’argent des contribuables.»

Luc Poirier, le président d’Investissement Luc Poirier, a indiqué que Québec lui avait offert près de 20 M$ pour son terrain, payé 6,2 M$ en 2006. M. Poirier a refusé cette offre. «Je n’accepterai jamais 20 M$ pour ce terrain, a soutenu Luc Poirier, en entrevue à Métro. Je sais que le gouvernement a payé 14 M$ en 2007 pour l’île Saint-Pierre, un terrain sept fois plus petit que le terrain que je possède sur l’île Charron. Si Québec veut vraiment acheter mon terrain, il n’a qu’à me donner sept fois le montant payé pour l’île Saint-Pierre.»

Le gouvernement n’a pas encore donné suite à la proposition de M. Poirier, mais l’homme d’affaires ne s’attend pas à une réponse positive. «Je dis à tout le monde depuis trois ans que je finirai par construire sur l’île Charron, a affirmé Luc Poirier. Pendant toutes ces années, j’ai essayé d’échanger mon terrain contre un autre que possède le gouvernement, j’ai essayé de lui vendre mon terrain, mais il n’y a rien à faire. Et puisque le gouvernement sait trop bien combien vaut mon terrain, il ne m’expropriera pas.»

Selon M. Poirier, le terrain qu’il possède sur l’île Charron vaut aujourd’hui près de 100 M$. Investissement Luc Poirier souhaite y construire de nombreux condos et maisons de ville, à l’image du développement qu’a connu l’Île des Sœurs.

La Ville de Longueuil, dont fait partie le parc national des Îles-de-Boucherville, n’est pas directement impliquée dans les négociations entre Québec et Investissement Luc Poirier, mais elle suit de près les discussions. «Nous avons toujours dit que nous préférerions que l’île Charron soit zonée parc, a indiqué Catherine Bérubé, l’attachée de presse au cabinet de la mairesse Caroline Saint-Hilaire. Mais le promoteur a acheté le terrain, il peut faire ce qu’il veut.»

Précision (15/12/2010):
Les Amis du parc national des Îles-de-Boucherville ont tenu à rectifier certains des propos de l’homme d’affaires Luc Poirier.

M. Poirier a affirmé que Québec avait «acheté l’île Saint-Pierre pour 14 M$», or Jean Hubert, membre des Amis du parc national des Îles-de-Boucherville, a précisé que c’était plutôt l’île Lapierre qui avait fait l’objet d’une acquisition et que cette transaction avait été réalisée par la Ville de Montréal, et non par Québec.

«La Ville de Montréal a déboursé 4 M$ dans cette transaction et Canards Illimités a obtenu pour le propriétaire une valeur en don écologique de 8 M$ aux fins de déduction fiscale pour un total de transaction de 12 M$», a-t-il indiqué.

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