Délégation internationale contre l'exploitation de l'amiante
Le Québec doit cesser de nuire aux pays pauvres en y exportant son amiante. Tel est le message envoyé mardi par une délégation de militants et de victimes de l’amiante venus d’Asie. La délégation aux accents indien, indonésien, coréen et japonais veut convaincre le gouvernement du Québec de ne pas soutenir financièrement la réouverture de la mine Jeffrey, à Asbestos.
Depuis 2002, année où elle s’est mise sous la protection de la Loi sur les arrangement avec les créanciers, la mine estrienne tourne au ralenti. Plusieurs projets de relance n’ont pas abouti. Le dernier projet de réouverture en date nécessite une garantie de prêt de 58 M$ de la part de Québec, qui rechigne à accepter.
Plusieurs raisons peuvent expliquer l’attitude gouvernementale. D’un côté, le lobby de l’amiante et l’investisseur potentiel, Balcorp, prétendent qu’une utilisation sécuritaire de l’amiante chrysotile la rend inoffensive. De l’autre, la Direction de la santé publi-que prétend le contraire, et plusieurs pays interdisent son importation.
De plus, la Caisse de dépôt et placement du Québec, bras financier du gouvernement, n’a jusqu’ici récupéré qu’une infime partie des sommes engagées dans le projet de relance tenté en 1996 par un autre investisseur.