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La mobilisation citoyenne comme arme de justice sociale

Créé en 2004 à la suite de pressions soutenues d’un important propriétaire immobilier qui souhaitait transformer ses logements locatifs en condos de luxe, le Movimiento por Justicia del Barrio (le Mouvement pour la justice dans le quartier) s’est battu bec et ongle contre la gentrification d’East Harlem, le dernier quartier populaire de Manhattan.

De passage à Montréal lundi et samedi, deux membres du Movimiento ont accep­té de partager leur expérience avec des groupes communautaires locaux qui luttent contre l’embourgeoisement de leurs quartiers. «Nous nous battons pour notre dignité et contre le déplacement des plus pauvres, a affirmé Maria Mercado, du Movimiento. Nous nous battons pour nos famil­les et pour nos quartiers. C’est une bataille constante que nous devons mener, mais c’est la seule façon de faire entendre notre voix.»

Les luttes menées par le Movimiento ont particulièrement inspiré le Comité citoyen de Parc-Extension, qui se prépare à l’arrivée du nouveau campus de l’Université de Montréal sur le site de l’ancienne gare de triage d’Outremont, un projet qui a obtenu le feu vert du conseil municipal la semaine dernière.

Les membres du comi­té  tentent d’obtenir l’assurance d’une meilleure concertation avec Parc-Extension. «Tant la forme que le con­tenu du Movimiento sont intéressants, a indiqué un mem­­bre du Comité citoyen, Sasha Dyck. Sa lutte contre la gentrification est inspirante, mais la mobilisation qu’il est parvenu à obtenir l’est aussi.»

Selon Ted Rutland, professeur au département d’urbanisme de l’Université Concordia, seule une importante mobi­lisation pourra forcer l’administration municipale à revoir ses priorités de développement afin d’éviter le déplacement de populations entières. «Les Villes et les politiciens, en ce moment, veulent des grands changements, et il semble qu’à leurs yeux, la seule façon d’améliorer la ville est de déplacer les pauvres, a expliqué M. Rutland. Il faut trouver une nouvelle appro­che, mais on ne peut pas at­ten­dre que les politiciens aient une révélation. Il faut les forcer à bouger. La mobilisation est la clé.»

Montréal, ville de riches?

Le quartier East Harlem constitue le dernier quartier populaire de Manhattan, «le seul qui n’a pas encore été gentrifié», a précisé Juan Haro, membre du Movimiento por Justicia in El Barrio. Est-ce que Montréal pourrait connaître un embourgeoisement semblable? Selon Ted Rutland, professeur au département d’urbanisme de l’Université Concordia, la situation n’est pas encore aussi dramatique dans la métropole, il y a toutefois des exceptions. «Les quartiers centraux de Montréal pourraient connaître le même sort qu’Harlem si la Ville continue d’ignorer les moins riches et les forcent à quitter leurs quartiers», a indiqué M. Rutland.

De New York à Montréal, la ville nous appartient
Débat sur la gentrification
Lundi soir à 19 h au Centre St-Pierre, 1212, rue Panet

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