Nouvelle crise à l'Hôpital chinois de Montréal
Des employés d’un hôpital qui défilent pour faire virer leur directeur, c’est rare. Mardi, pourtant, plusieurs dizaines d’employés de l’Hôpital chinois de Montréal ont manifesté pendant leur pause du midi. Ils demandent la démission de leur directeur général, Anthony Shao dont la «culture du secret», le «leadership autrocratique» et les «décisions contestées» sont dénoncés. Il est en poste depuis 2001.
«La goutte qui a fait déborder le vase, c’est quand il a soudainement essayé de faire nommer sa secrétaire au poste de conseillère en communications», explique Nathalie Olivier, préposée au bénéficiaires. Parmi ses autres décisions controversées: l’installation de caméras et de micros dans les salles de soin – retirés à la suite d’un règlement hors cour avec le syndicat -, le remplacement raté de tous les robinets et l’installation de rails de marche malgré le désaccord des ergothérapeutes.
Fait inusité, les trois syndicats ont été rejoints dans leurs démarches de dénonciation par certains des cadres et des employés non syndiqués. Ils ont envoyé une lettre à l’Agence de la santé et des services sociaux qui leur a répondu que c’était au conseil d’administration d’agir.
«Le problème, c’est que le CA n’est pas plus transparent», déplore Yvette Trieu. Le rapport d’enquête demandé par le CA ne sera pas dévoilé aux employés. «La dernière réunion du CA s’est déroulée de façon particulièrement obscure et on n’a même pas pu obtenir le compte-rendu», ajoute-t-elle.