Jardin botanique: 80 ans et toujours éblouissant
Le 9 juin 1931, le frère Marie-Victorin obtient de la Ville de Montréal une partie du parc Maisonneuve afin de réaliser son rêve d’aménager un jardin botanique. Quatre-vingt ans plus tard, le Jardin botanique de Montréal se révèle sous son meilleur jour, tout en conservant la vision de son fondateur, qui souhaitait rapprocher les gens de la nature.
Désigné lieu historique national du Canada en 2008, le Jardin botanique compte aujourd’hui 23 000 espèces de plantes, 10 serres d’exposition, une trentaine de jardins thématiques et un imposant arboretum. Cela en fait le deuxième plus important jardin botanique au monde, derrière celui de Londres.
«Je pense que Marie-Victorin serait fier de son jardin, a affirmé le directeur de l’institution, Gilles Vincent. Nous avons maintenu son idée et sa pensée tout en les rendant modernes. Nous avons un héritage extraordinaire entre les mains et nous devons le chérir. Elles sont rares les institutions désignées lieu historique qui ont 80 ans à Montréal!»
Fondé par le frère Marie-Victorin, mais dessiné par l’architecte paysager allemand Henry Teuscher, le Jardin botanique a beaucoup évolué depuis sa création. Les visiteurs, qui gagnent l’institution par l’entrée située à l’angle du boulevard Pie-IX et de la rue Sherbrooke, peuvent toutefois encore profiter de la vision des deux collaborateurs puisque, outre la taille des arbres, les Jardins d’accueil n’ont pas changé depuis l’inauguration du Jardin botanique, en 1936.
«Nous avons déjà reçu des propositions pour modifier l’aménagement des Jardins d’accueil, se rappelle Gilles Vincent. Mais nous avons dit non.»
Cette volonté de respecter la création des deux hommes qui ont donné naissance au Jardin botanique s’explique sans doute en partie par la bataille qu’ont eux-mêmes dû mener Marie-Victorin et Henry Teuscher, moins de 10 ans après l’inauguration de leur «jardin botanique idéal».
«Dans les années 1940, alors que sévissait la Deuxième Guerre mondiale, le Jardin botanique a failli fermer ses portes pour faire place à une base militaire, a raconté M. Vincent. Des serres ont été démantelées afin que l’acier dont elles étaient faites puisse servir à l’effort de guerre. Moins de 10 ans après son ouverture, ç’a a pratiquement été la fin du Jardin botanique.»
Heureusement, l’histoire en a voulu autrement et aujourd’hui, un million de visiteurs admirent, chaque année, les aménagements qui s’étendent sur un terrain de 75 hectares (0,75 km2).
Les curieux qui se rendront au Jardin botanique au cours des prochains jours pourront d’ailleurs profiter des jardins du Ruisseau fleuri, qui sont saisissants grâce à la floraison des iris, des hémérocalles et des pivoines qui offrent un tableau magnifiquement coloré.
Un saut au Jardin de Chine leur permettra ensuite de s’initier au rituel du thé, alors qu’un détour du côté du Jardin alpin – le plus grand jardin thématique de l’institution – leur permettra d’observer de nombreux spécimens de plantes rares ou menacées du Québec, dont certaines ont été mises en terre par Marie-Victorin lui-même.
Nouveaux projets
Le Jardin botanique a annoncé jeudi, avoir deux nouveaux projets dans ses cartons.
Une école d’horticulture sera tout d’abord aménagée dans la partie nord du Jardin, là où se trouvent les serres Louis-Dupire. La construction devrait débuter au cours des prochaines semaines de façon à ce que l’école soit prête à accueillir les quelque 120 étudiants qui la fréquenteront à compter de septembre 2012.
La construction d’un nouveau Jardin des phytotechnologies devrait suivre. Ce jardin, qui permettra d’exposer l’expertise du Jardin botanique en matière de toits verts, de marais filtrants et de dépollution des sols grâce aux plantes, devrait être aménagé d’ici 2013.
«Il nous manque encore une partie du financement, a expliqué le directeur du Jardin botanique, Gilles Vincent. Mais nous sommes confiants de pouvoir réaliser le jardin d’ici deux ans.»
Parmi les autres projets à venir figurent le réaménagement de la grande serre, qui devrait être complété en 2012, et la construction d’un pavillon de verre, qui en est à l’étape de la pré-conception.