Transport en commun: une popularité à double tranchant
En 2011, les sociétés de Transports québécoises ont enregistré des taux record de fréquentation. Toutefois, le réseau de transport collectif est saturé, et le programme d’aide gouvernementale à l’amélioration des services de transport en commun (PAGASTC) arrive à échéance le 31 décembre. «À l’heure de pointe, on voit bien que ça joue du coude dans le métro, les gens se bousculent», a souligné Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec.
La STM a enregistré une hausse de près de 4 % en un an. La Société de transport de Laval évalue quant à elle sa progression annuelle à près de 6%, et l’AMT constate une augmentation de 19 %. Face à ce qu’elle qualifie de «beau problème», TRANSIT (l’alliance pour le financement des transports collectifs au Québec) a présenté hier un document intitulé «Plein à craquer» pour tirer la sonnette d’alarme. «Le défi est aujourd’hui de trouver les moyens de financer cette demande croissante, a indiqué Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement de Montréal. Il y urgence d’agir.»
En effet, le PAGASTC prend fin cette année. Ce program-me visait à augmenter l’achalandage des transports collectifs de 8% ainsi que l’offre de service de 16 % d’ici 2012. Le gouvernement provincial s’était engagé à financer 50 % des coûts associés à l’amélioration des réseaux, dans une limite de 100 M$ par année. «Le ministère des Transport a laissé entendre qu’il était prêt à prolonger le programme, mais aucune démar-che n’a encore été faite en ce sens», a expliqué Mme Deny.
L’alliance demande à ce que le programme soit reconduit et même bonifié. Elle suggère aussi d’augmenter progressivement la redevance sur les carburants et les combustibles fossiles (la taxe verte) qui finance notamment le PAGASTC.
TRANSIT ne préconise pas une hausse des frais d’utilisation des transports collectifs. «Quand on demande aux gens ce qui les inciterait à prendre plus souvent les transports en commun, la majorité ne parle pas du prix, mais d’une meilleure offre», affirme Florence Junca Adenot, professeure à l’UQAM.