Montréal rend certaines de ses données publiques
Les geeks montréalais avaient le sourire jeudi. La Ville a annoncé l’accès public à 13 ensembles de données municipales, en plus de lancer une plateforme web pour en faciliter l’accès, tout en respectant l’anonymat et la sécurité des Montréalais.
Depuis plusieurs mois déjà, des citoyens férus d’informatique créent des applications web permettant de connaître les meilleurs itinéraires pour éviter les travaux, l’état des patinoires en direct ou la géolocalisation des restaurants aux pires résultats en matière d’hygiène. Sauf que les données de la Ville nécessaires à la réalisation de ces projets étaient souvent difficiles d’accès ou de formats informatiques incompatibles.
C’est désormais chose du passé. «L’époque où l’information demeurait captive est révolue», a annoncé Alain Tassé, conseiller associé au président du comité exécutif. Cet accès public nécessitera d’importants changements informatiques à la Ville, mais aussi des changements de mentalité chez certains élus et fonctionnaires. «Si Montréal est la première ville québécoise à suivre le mouvement des données ouvertes (open data), c’est aussi la dernière grande ville canadienne à agir en ce sens», a noté Marc-André Gadoury, élu de Projet Montréal. Il a précisé que les 13 ensembles de données relâchées jeudi étaient déjà plus ou moins disponibles.
Plusieurs autres ensembles de données vont s’ajouter à la liste d’ici six mois, a promis Martin Lefebvre, chef de la division internet et réseaux sociaux à la Ville. Cela aura des retombées sur la recherche, mais aussi sur l’économie et les services rendus aux citoyens. «C’est une bonne nouvelle. Mais ce n’est qu’une étape», a ajouté Jean-Noé Landry, l’un des fondateurs de Montréal Ouvert, un groupe qui milite pour l’accessibilité des données.
Reste à voir jusqu’où l’administration ira dans la transparence. Car avant de pouvoir mesurer l’assiduité de votre élu au conseil municipal ou visualiser sur une carte les intersections les plus dangereuses à vélo, il reste du chemin à parcourir, ont souligné plusieurs programmeurs.