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Une hausse de l’évaluation foncière n’égale pas une hausse des taxes municipales

Photo: Métro

C’est mercredi que sera déposé le rôle d’évaluation foncière à Montréal, ce qui inquiète plusieurs propriétaires soucieux de leur compte de taxes municipales, puisqu’une hausse globale des valeurs des propriétés est à prévoir.

Selon un article de La Presse paru mardi, une étude des prix de vente en 2012 prévoit que le prochain rôle augmentera de 20% en moyenne.

Bien qu’il se garde de spéculer l’annonce de mercredi, Paul Cardinal, directeur du service d’analyse du marché à la Fédération des Chambres immobilières du Québec, indique que les prix de vente ont augmenté en moyenne de 24% pour les maisons unifamiliales et les plex, et de 19% pour les copropriétés à Montréal, entre 2009 et 2012.

Mais pour Me Robert Nantais, avocat au cabinet Beauregard avocats et spécialiste en évaluation foncière, il faut faire attention avant de tirer des conclusions sur la hausse probable du rôle foncier, et sur l’effet qu’elle aurait sur les taxes que devront débourser les propriétaires. «Il n’y a pas de relation directe entre l’augmentation de l’évaluation et l’augmentation de taxes, lance-t-il au bout du fil. Ce n’est pas de cette façon que ça fonctionne. Il faut attendre la publication du budget de la Ville» avant de savoir si les Montréalais auront à débourser davantage en taxes foncières.

Unsal Ozdilek, professeur à l’École des sciences de la gestion et expert en évaluation de l’immobilier, abonde en ce sens. «C’est une décision qui va changer d’une municipalité à l’autre. Si la Ville maintient le même pourcentage d’impôts et que la valeur de l’immobilier augmente, on va payer plus cher, souligne-t-il. Mais si la Ville décide de rabaisser le taux d’imposition alors que la valeur de la propriété a augmenté, on peut se retrouver à payer le même montant. C’est possible».

Bien qu’il faudra attendre le premier budget de la nouvelle administration pour avoir l’heure juste, Pierre Pagé, de l’initiative populaire Montréal pour tous, voit l’évolution des prix de l’immobilier d’un mauvais œil. «Si on regarde les retraités, plusieurs ont acheté pas cher leur maison il y a 30 ans. Là, elle vaut plus cher, mais ils n’arrivent pas à s’acquitter du compte de taxes. Que doivent-ils faire?», se demande-t-il.

Et les condos?
Bien que les propriétaires de condos verront vraisemblablement leur évaluation foncière augmenter mercredi, cela ne reflète pas nécessairement l’état du marché.

En effet, selon Paul Cardinal, les prix de vente des condos sont restés essentiellement inchangés en 2012-2013. «Pour le rôle foncier, on va se baser sur ce qui s’est passé entre 1er juillet 2009 et 1er juillet 2012, et à ce moment-là, le marché de condos était un marché de vendeurs», explique-t-il.

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