Nouvelle charge contre les compteurs intelligents
Un regroupement de syndicats a dénoncé lundi de nouvelles lacunes dans le projet de compteurs intelligents d’Hydro-Québec. À une semaine des audiences publiques de la Régie de l’énergie sur le projet de remplacement des compteurs d’Hydro-Québec, les compteurs intelligents sont encore controversés. Manque de rentabilité, perte d’emplois et faible fonctionnalité du matériel s’ajoutent à la liste des préoccupations que soulève déjà la possibilité d’installer des compteurs intelligents.
«Il serait plus sage qu’Hydro-Québec mette son projet sur la glace, car il n’est pas rentable et pourrait engendrer 104 M$ de pertes», affirme Ginette Paul, présidente du Syndicat des employés de techniques professionnelles et de bureau d’Hydro-Québec (SCFP 2000).
Le syndicat et son économiste, Pierre-Guy Sylvestre, dénoncent ce qu’ils considèrent comme de graves lacunes dans le montage financier qu’Hydro-Québec présente. Hydro-Québec a prévu de changer 4,9 millions d’appareils dans les 20 prochaines années. Pourtant, la durée de vie d’un compteur électronique n’excèderait pas 15 ans, et tous les appareils changés aujourd’hui devront l’être à nouveau avant la date butoir avancée par l’entreprise. Le secrétaire général de la SCFP 2000 estime que ce seront donc 7,4 millions de compteurs qui devront être changés en 20 ans, et non pas 4,9 millions.
Par ailleurs, Hydro-Québec a affirmé qu’elle considérait que ce projet était rentable et que c’est à la Régie de l’énergie de statuer. «Nous présenterons toutes les facettes déjà abordées afin que la Régie puisse prendre sa décision», a indiqué Danielle Chabot, d’Hydro-Québec.
La non-rentabilité du projet s’ajoute à la liste des critiques déjà lancées contre la société d’État. Le relevé à distance de la consommation, nouveauté permise par le nouveau système, pourrait engendrer la perte de 1 000 emplois, directs et indirects, au Québec.
La société Hydro-Québec s’en défend et assure que la plupart des employés seront affectés à d’autres services. Daniel Boyer, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec, estime quant à lui que ces postes sont temporaires et que les contrats risquent de ne pas être renouvelés. Les audiences de la Régie devraient débuter lundi prochain.