Le maire de Mirabel veut sauver l’aérogare désaffectée
Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, veut sauver l’ancienne aérogare abandonnée.
«Je tends la main à Aéroports de Montréal (ADM), a déclaré mercredi le maire de la municipalité des Laurentides. Je veux trouver la meilleure vocation à l’aérogare.»
M. Bouchard veut engager une réflexion avec les élus de la région, mais aussi avec la Communauté métropolitaine de Montréal pour trouver un nouvel usage au bâtiment qui, jadis, accueillait les voyageurs. Il espère qu’ADM attendra avant de sceller le destin de l’aérogare.
«Il n’y a rien qui presse, a dit le maire de Mirabel. Ce qu’on entend d’ADM, c’est que leur patience a des limites et que la seule solution, c’est de la démolir. Pensons-y sérieusement avant de démolir.»
Quelques projets sont encore aujourd’hui envisagés, d’après Jean Bouchard. Il s’est bien gardé de les dévoiler puisque les ficelles ne sont pas toutes attachées. «Le projet que je vais proposer sera pour la grande région de Montréal», a-t-il malgré tout laisser tomber.
L’aérogare rapporte à la Ville de Mirabel près de 800 000$ en taxes foncières.
ADM effectue en ce moment une analyse en profondeur sur les possibilités qu’offre encore aujourd’hui l’aérogare. Le gestionnaire aéroportuaire se donne jusqu’en 2015 pour prendre une décision sur l’avenir du bâtiment désaffecté.
«À chaque année, on doit payer 5M$ en taxes et en frais de chauffage et d’entretien, a indiqué la vice-présidente Affaires publiques et communication d’ADM, Christiane Beaulieu. Cette année, il y a une mise à niveau qui doit être faite pour environ 25M$. (…) On ne peut pas attendre deux ou trois ans avant de prendre une décision.»
Toutes les options sont sur la table, d’après Mme Beaulieu, tant pour ce qui est de la revitalisation du bâtiment que de sa démolition.
Depuis qu’ADM a décidé de transférer tous les vols internationaux à Dorval, en 2002, plusieurs projets ont été soumis à ADM pour donner une seconde vie à l’aérogare, mais aucun n’a abouti. ADM n’étudie en ce moment aucun projet de conversion de l’aérogare.
Mme Beaulieu a souligné que le bâtiment, qui donne accès aux pistes d’avion, ne convient pas aux entreprises d’aéronautique en raison entre autres de sa grosseur, de sa forme irrégulière et de son aménagement intérieur. «Ça coûte moins cher de bâtir un nouveau bâtiment selon les spécifications de l’entreprise», a dit la vice-présidente d’ADM.
L’aéroport de Mirabel a été construit au début des années 1970 en raison de la forte croissance du trafic aérien. Elle a été inaugurée en 1975, à la veille de la tenue des Jeux olympiques de Montréal. Les vols internationaux y ont été rapidement transférés. Ce devait aussi être le cas pour les vols domestiques et les vols transfrontaliers, mais la récession des années 1970 et le choc pétrolier ont eu raison des intentions des autorités aéroportuaires. En 2002, Aéroports de Montréal a décidé que les vols internationaux seraient de retour à Dorval. Les voyageurs ont cessé de se rendre à Mirabel pour prendre l’avion à partir de l’automne 2004. L’aéroport de Mirabel a depuis une vocation industrielle et son aérogare est laissée à l’abandon.