Loger les itinérants autrement
Montréal devrait s’inspirer de modèles de logements implantés ailleurs dans le monde, comme en France ou aux États-Unis, pour lutter contre l’itinérance. C’est ce que croit Matthew Pearce, président-directeur général de la Mission Old Brewery, qui présente vendredi le colloque Habiter autrement, réunissant divers organismes et personnes impliqués dans le combat contre l’itinérance.
Comment divers types de logements peuvent contribuer à la lutte à l’itinérance?
Le projet de recherche Chez soi, implanté par la Commission de la santé mentale du Canada, prévoit cinq ans pour loger les itinérants dans cinq grandes villes à travers le Canada, dont Montréal. On donne un logement aux personnes qui se trouvent dans la rue, sans passer par des programmes d’accompagnement. Ils bénéficient d’un soutien pour rester dans leur logement. Voilà un modèle, qui a été présenté comme «le» modèle. Mais la population itinérante est très diverse en termes de problématiques et de besoins. Certains n’ont pas cette capacité d’autonomie et auront besoin d’un soutien plus important. On doit lever la tête et regarder ailleurs pour nourrir notre réflexion.
Quels autres types de modèles existent-ils?
Il y aurait entre autres les maisons de groupe, les foyers de personnes âgées venant de la rue ou la colocation. Dans la Maison des Babayagas, à Montreuil, en France, des femmes aînées vivent ensemble et créent une communauté de gens qui se soutiennent entre eux. Ça pourrait être adapté à une partie de la population itinérante de Montréal. D’autres initiatives que je ne connais pas seront aussi présentées lors du colloque.
Des représentants de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec seront présents à ce colloque. Comment soutiennent-ils votre démarche?
Une des priorités de la Politique en itinérance dévoilée récemment par la ministre Véronique Hivon est d’avoir une variété de modèles de logements. Certains des modèles discutés au colloque pourraient apparaître dans le plan d’action qui doit suivre la politique. Le maire de Montréal, de son côté, parle fréquemment de sa volonté de faire une différence dans la problématique de l’itinérance et le logement est une piste fondamentale et incontournable.