Les infirmières se mobilisent contre les coupes
Les réductions budgétaires dans les établissements de santé ont déjà un impact sur les services aux citoyens, s’inquiète la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).
Une centaine d’infirmières du CSSS Ahuntsic et Montréal-Nord, où l’abolition de 15 postes de professionnels de la santé a récemment été annoncée, ont manifesté mercredi après-midi devant le CLSC de Montréal-Nord. Le CSSS a confirmé qu’il subissait une coupe d’environ 5 M$ dans son budget pour la prochaine année.
«Parmi ces 15 postes abolis, il y a ceux de deux infirmières en santé scolaire. Ça va causer une diminution des services pour les enfants», a affirmé Julie Duchesneau, présidente du Syndicat du CSSS Ahuntsic et Montréal-Nord.
Une autre manifestation est prévue jeudi midi au CLSC de Côte-des-Neiges pour protester contre les compressions de 1,2 M$ au CSSS dont il fait partie, celui de la Montagne. Cela se traduit par l’abolition de quatre postes d’infirmières et par des diminutions des services de travailleurs sociaux, de physiothérapeutes, de nutritionnistes et d’ergothérapeutes.
Régine Laurent, présidente de la FIQ, s’inquiète également de la pression exercée sur les infirmières qui doivent suivre de plus en plus de patients.
La FIQ fait ces constats au moment où les députés de l’Assemblée nationale étudient les crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux, soit la répartition aux différents postes budgétaires du ministère. Dans le cadre de cet exercice, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a réitéré qu’il serait possible d’atteindre des compressions de l’ordre de 215 M$ cette année dans le réseau de la santé en diminuant la «bureaucratie» sans réduire les soins offerts à la population.
En entrevue avec Métro, M. Barrette s’est montré confiant que la qualité des services à la population pourrait être maintenus malgré les coupures de postes, notamment à l’aide de restructurations. «On demande de l’optimisation, a expliqué M. Barrette. Ça veut dire qu’on peut donner certains services avec six personnes au lieu de huit.» Les administrateurs locaux devront faire la démonstration que leurs coupes n’affecteront pas les services, a-t-il assuré. Selon lui, cet exercice est nécessaire pour assurer la pérennité du système de santé.
Mme Laurent craint de son côté que les mesures d’efficience se traduisent par des coupes à l’aveugle qui entraîneraient une réduction de la qualité et la sécurité des soins.
La hausse du budget alloué à la santé dans le budget 2014-2015 du gouvernement du Québec est de 3%, alors qu’elle était de 5,8% en 2013-2014. L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux évalue qu’une hausse d’environ 4,4% serait nécessaire seulement pour maintenir les services actuellement offerts.