Montréal

Des universités québécoises accueillent des étudiants réfugiés

Photo: Collaboration spéciale

Neuf jeunes réfugiés provenant de pays en guerre sont arrivés mercredi soir à l’aéroport Montréal-Trudeau pour étudier dans des universités québécoises et quelques cégeps. Ils font partie des 76 étudiants parrainés cette année par le Programme d’étudiants réfugiés (PÉR) de l’organisme Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC).

Parmi ceux qui les attendaient à l’aéroport se trouvait Patrick Baricimpande, 27 ans. Il comprend bien la fébrilité qui anime ces nouveaux-venus, et pour cause. Il était dans leur situation en 2011.

Comme tous ces futurs étudiants, M. Baricimpande était réfugié de façon prolongée dans un pays qui n’était pas le sien. Comme eux, il était confiné à un endroit où il n’avait pas accès à l’éducation supérieure. Jusqu’à ce que s’ouvre une porte.

M. Baricimpande avait quitté le Burundi à l’adolescence avec son petit frère. Il avait peur pour sa vie, peur d’être fait enfant soldat par des groupes armés rebelles. Il s’est réfugié durant huit ans dans un camp au Malawi, où il était plus en sécurité, mais où les conditions de vie étaient difficiles. «C’était comme une prison. On n’avait pas le droit de travailler ni de poursuivre des études universitaires. Tout cela était réservé aux citoyens du Malawi. Il fallait que je reste dans le camp sans rien faire, sans objectif», a rapporté le jeune homme.

Le programme de l’EUMC, c’était l’espoir. M. Baricimpande a postulé dès qu’il l’a pu. Mais le processus n’était pas facile. Les critères d’admission sont sévères. L’EIMC recrute sur le terrain des jeunes qui ont le statut de réfugié, ont complété leurs études secondaires, sont célibataires et sans enfants. Ils doivent passer une évaluation de leur connaissance du français ou de l’anglais de même qu’une entrevue.

Les heureux élus sont ensuite accueillis au Canada comme résidents permanents, grâce à une entente avec le gouvernement du Canada. Leur première année d’université est financièrement prise en charge par le programme, par le biais des universités et des comités locaux de l’EUMC, formés d’étudiants. Au Québec, cela représente environ 15 000$ par étudiant. Le nombre d’étudiants admis dépend donc de la capacité d’accueil des universités.

M. Baricimpande estime qu’il a été très bien accueilli par les membres du comité de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il étudie en administration des affaires. Ils l’ont notamment aidé à découvrir la ville, à faire son choix de cours, à se créer un réseau d’amis, à se trouver un emploi, à faire une demande de prêts et bourses.

La plupart d’entre eux restent au Canada après leurs études, selon Michelle Manks, gestionnaire du PÉR. C’est d’ailleurs l’intention de M. Baricimpande. «Si le Canada m’accepte comme citoyen, je serais content. Ici, je peux faire ce que je veux de ma vie, je peux travailler, m’exprimer, voyager. C’est le pays de mes rêves», a-t-il affirmé.

Il a appelé les Québécois à soutenir le programme, notamment par de dons, afin que plus de jeunes aujourd’hui sans avenir ait la même chance que lui.

Quelques faits sur le PÉR
Le Programme d’étudiants réfugiés (PÉR) de l’organisme Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) existe depuis 35 ans.

  • Environ 1400 étudiants réfugiés ont jusqu’aujourd’hui été parrainés.
  • La majorité d’entre eux sont originaires de la région des Grands Lacs en Afrique, du Soudan et de Somalie. L’apport des pays du Moyen-Orient est en croissance en raison des conflits qui sévissent en Syrie et en Irak.
  • Pour l’instant, 36% de ces étudiants sont des femmes, mais l’EUMC opère divers programmes pour augmenter ce ratio.

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