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Coderre travaille à l’implantation de trois sites d’injection supervisée

Photo: Archives Métro

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a fait part mercredi, au cours du comité exécutif, de son intention de travailler à l’implantation de trois sites d��injection supervisée (SIS), à Montréal.

«L’administration est tout à fait en accord avec ces sites d’injection supervisée», a-t-il affirmé.

Il estime que l’ouverture de ces sites pourrait même avoir lieu à l’intérieur d’un an.

Ces trois sites pourraient faire partie du prochain plan d’action en itinérance, qui sera présenté cette semaine.

«Il va y avoir un syndrome du «pas dans ma cour» ou pas à proximité d’une garderie, reconnait le maire. Je veux que les gens nous donnent leur opinion sur le sujet (…) Mais je pense que pour des raisons de santé publique, c’est un incontournable», a-t-il précisé, ajoutant qu’il rencontrera la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, à ce sujet.

La Direction de la santé publique de Montréal, qui planche sur le projet depuis 2011, se dit heureuse de cette annonce. Elle a envoyé en décembre 2013 ses propositions au ministère de la Santé dans lesquelles elle suggère trois sites fixes dans Hochelaga-Maisonneuve et Ville-Marie, ainsi qu’un site mobile à travers Verdun, le Sud-Ouest et Montréal Nord.

«J’ai toujours parlé de trois sites, mais si c’est quatre, ce sera quatre. On ne se chicanera pas pour ça, a précisé le maire. Ce qui est important, c’est qu’on a besoin de sites permanents et de sites mobiles.»

Le CSSS Jeanne-Mance deviendrait le coordonnateur des trois partenaires sur le terrain, les organismes Cactus, Dopamine et Spectre de rue, selon les suggestions de la Direction de la santé publique.

La Direction attend depuis, de la part du ministère, l’autorisation pour envoyer une demande de dérogation à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances du gouvernement fédéral, ainsi qu’un financement de départ pour amorcer le projet.

«Mais ensuite, c’est un projet qui va s’autofinancer parce qu’on va réduire le nombre de personnes atteintes du VIH, du sida et le nombre de surdoses», soutient le Dr Richard Massé, directeur de la santé publique à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.

M. Massé se dit conscient des critiques qui peuvent émerger de ce projet, mais croit lui aussi que ce service est nécessaire. «Il y a un dialogue nécessaire à faire, parce que ce n’est pas une chose rationnelle. Mais avec ces sites, on peut diminuer le nombre de seringues dans les rues, et le nombre de gens qui s’injectent dans les ruelles et les cours d’école», soutient le directeur de la santé publique.

Il ajoute qu’en mai dernier, à Montréal, il y a eu huit fois plus de décès chez les utilisateurs de drogues par injection, et cinq fois plus en juin. Des statistiques qui auraient été moins élevées avec des sites d’injection supervisée, soutient le Dr Massé.

Le ministère de la Santé confirme que le dossier est toujours en cours d’analyse.

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, «prend bonne note» des commentaires du maire. «Le maire a des projets et j’en suis fort aise. On est toujours favorable à la mise en place de ce type de projets», indique-t-elle.

Mme Charlebois précise toutefois qu’il est impossible pour elle d’indiquer à quel moment elle donnera suite aux propositions de la Direction de la santé publique de Montréal. «On a beaucoup de dossiers à traiter pour l’automne, mais le dossier dont on parle fait aussi partie de mes préoccupations», confie-t-elle.

Elle nuance toutefois la situation en précisant que «le principal critère c’est d’atteindre un consensus social avant de démarrer toute forme de projet», ajoute la ministre, consciente que le maire veut travailler sur cet aspect.

Il n’est toutefois pas question pour elle d’aller de l’avant avec le projet sans la dérogation du fédéral. Une opinion que ne partage par le maire de Montréal. «On peut faire des choses avec le gouvernement du Québec. Je n’attendrai pas après Ottawa. De toute façon, on a le jugement de la Cour suprême à notre avantage», a fait valoir Denis Coderre.

En septembre 2011, la Cour suprême du Canada avait autorisé un centre d’injection de drogue supervisée de Vancouver à continuer à se prévaloir de l’exemption à la loi qui lui permettait d’offrir ses services aux toxicomanes. L’appel du gouvernement fédéral, qui voulait faire fermer le centre, a été rejeté.

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