Montréal

La perte d’attractivité de Montréal confirmée

Photo: Archives Métro

Ce que les commerçants et les élus montréalais craignaient se concrétise. Les banlieusards se rendent en moins grande proportion à Montréal.

C’est ce qui ressort du dernier bulletin Perspective Grand Montréal publié mardi par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Si Montréal reste le cœur économique et culturel de la région, cette proportion est en diminution constante depuis 1998, note la CMM. C’est particulièrement vrai pour les déplacements liés au travail, au magasinage et aux loisirs.

Par exemple en 1998, 48,6% des Longueuillois qui se déplaçaient pour aller travailler se dirigeaient vers Montréal. En 2008, les déplacements vers Montréal ne représentaient plus que 45,6%. La majorité des déplacements pour aller travailler se fait désormais sur le territoire de Longueuil (47,9%).

La même tendance s’observe sur le front des loisirs et du magasinage. Les acheteurs longueuillois vont faire leurs courses à Montréal plus que dans une proportion de 4,9% (6% en 1998). Pour les loisirs, l’attractivité de Montréal est passée de 23,2% à 17% entre 1998 et 2008 chez les habitants de la Rive-Sud.  «Cela peut notamment s’expliquer par l’ouverture en 2006 du Quartier Dix30 et sa vaste offre en terme de magasins et de lieux de divertissement», indique Philippe Rivet, conseiller en recherche à la CMM.

La même tendance s’observe pour la région lavalloise, note l’étude. Le seul secteur où l’attractivité de Montréal s’accroît c’est au niveau des déplacements pour les études. Ainsi, 60,7% des déplacements des étudiants longueuillois se font vers Montréal (52,9% en 1998). De même, 63% des déplacements des étudiants lavallois se font vers Montréal (57% en 1998).

Cette baisse d’attractivité de Montréal n’est pas forcément inquiétante, croit M. Rivet. «Il ne s’agit que de baisses en pourcentage. Comme dans le même temps la population s’est accrue en nombre absolu, cela compense», ajoute-t-il. Il est tout à fait normal, d’après lui, que des pôles d’emplois et de services se créent dans les banlieues en parallèle à leur développement.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron trouve lui aussi normal que les banlieues finissent par se développer au point de concurrencer Montréal comme pôle d’emploi et de services. Mais ses conclusions divergent. «Depuis 1971, Montréal a perdu 75 000 habitants alors que les banlieues en ont gagné 1,3 million. Ce mode de développement individualiste basé sur l’auto et le pétrole nous mène à la catastrophe», dit-il en pointant du doigt les élites qui n’ont rien fait pour inverser la tendance.

Si M. Bergeron note une tendance à vouloir réhabiliter le centre-ville de Montréal avec la construction de tours d’habitation ou le redéploiement du quartier Griffintown, «beaucoup d’efforts restent à faire pour regagner le terrain perdu», conclut-il.

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