Montréal

Tes vidanges me dérangent: la campagne de honte fonctionne

«Ça a donné un électrochoc aux résidents, explique Marie Otis, la chef de cabinet du maire Benoit Dorais. On pense que les campagnes seulement positives n'étaient plus assez efficaces. Ce n'était pas plus sale qu'ailleurs, mais les gens ici étaient vraiment tannés». Photo: Colin Côté-Paulette/TC Media

L’arrondissement du Sud-Ouest a procédé à pas moins de 500 interventions lors des deux premières semaines de sa nouvelle campagne «Tes vidanges me dérangent», démarrée le 12 juillet. La mairie constate déjà une diminution des infractions de la part des citoyens.

Afin d’inciter les résidents à mettre leurs ordures à la rue au bon moment, soit entre 5h et 8h, les matins de collecte seulement (jamais la veille), l’arrondissement a décidé il y a moins d’un mois d’envoyer un message on ne peut plus clair à sa population.

Si les déchets sont mis à la rue trop tôt ou au mauvais endroit, un résident pourrait voir apparaître un panneau de 1,7 mètre de haut en forme de flèche rose pointant les détritus indésirables devant sa résidence, le tout installé par un inspecteur en patrouille.

«Les premières semaines, il en mettait 50 par jours. Ça a donné un électrochoc aux résidents, explique Marie Otis, la chef de cabinet du maire Benoit Dorais. On pense que les campagnes seulement positives n’étaient plus assez efficaces. Ce n’était pas plus sale qu’ailleurs, mais les gens ici étaient vraiment tannés».

L’arrondissement a commencé en distribuant des avertissements, qui pourraient éventuellement se transformer en constat d’infraction, coûtant de 75$ à 2500$.

C’est donc dire que, si l’arrondissement avait mis tous les citoyens délinquants à l’amende depuis deux semaines, le Sud-Ouest aurait empoché 37 500$.

«Donner des amendes demande beaucoup de temps à nos employés. Il faut ouvrir et fouiller les sacs pour trouver à qui appartiennent les déchets», indique Mme Otis, ajoutant que c’est la raison pour laquelle le Sud-Ouest s’est tourné vers une mesure incitative.

En plus de l’inspecteur qui installe les immenses flèches roses chez les résidents fautifs, les voisins peuvent aussi participer à la campagne de propreté. Des autocollants, des fanions ainsi que des accroches-portes sont disponibles à la mairie d’arrondissement avec des slogans divers, comme  «Merde, ramasse-toi».

La campagne semble avoir la cote auprès des résidents du Sud-Ouest. Pauline Boivin, a décrit l’initiative comme étant «tout à fait pertinente et justifiée» sur la page Facebook de La Voix Pop.

Melemdez Demontano, qui habite l’arrondissement depuis 10 ans, se plaignait depuis un moment que même après le passage des éboueurs, sa rue était sale. «Cette campagne est une excellente idée, il faut travailler ensemble pour rendre l’arrondissement plus propre. C’est nécessaire pour la santé et l’environnement», souligne-t-elle.

Mairejournal

L’idée de la campagne émane des services des Travaux publics et des communications. La conception s’est entièrement faite à l’arrondissement pour environ 25 000$.

Selon le sondage web «Parlons budget» effectué en 2013 pour le compte du Sud-Ouest, les résidents avaient indiqué qu’une de leurs priorités était la propreté de leur quartier.

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