Affaire Magnotta: Le SPVM cherche encore des parties du corps
Même si le «dépeceur canadien» est désormais sous les verrous, plusieurs questions demeurent sans réponse.
En premier lieu, où sont les parties manquantes du corps de sa victime, soit sa tête, sa main et son pied droits? Malgré les 18 heures de travail qui ont été nécessaires pour éplucher les kilos de déchets (l’équivalent d’un camion de 10 roues) qui jonchaient la ruelle derrière l’immeuble où logeait Luka Rocco Magnotta, les enquêteurs du service d’identitié judiciaire ne les ont pas retracés.
«Même si le suspect est en détention, c’est important de les retrouver, notamment par respect pour la famille», a déclaré mardi le porte parole du SPVM, Ian Lafrenière.
Les détails qui ont mené au meurtre et la personnalité du tueur restent eux aussi encore nébuleux. «En visionnant les images, on peut penser qu’il y a eu des actes de cannibalisme, mais on ne peut pas encore l’affirmer avec certitude», indique Denis Mainville, commandant à la Division des crimes majeurs.
Tracer la personnalité de Luka Rocco Magnotta par les pistes qu’il a laissées sur le web s’avère aussi être une tâche phénoménale pour les enquêteurs de la division des crimes technologiques. «Par exemple, Magnotta a pas moins de 70 comptes Facebook qu’il faut éplucher», précise le commandant Lafrenière. Toutes les méthodes technologiques, allant de l’intrusion dans sa boîte courriel au retraçage de son téléphone cellulaires ont été utilisées pour tenter de l’intercepter.
Les policiers avaient en moyenne une douzaine d’heures de retard sur lui pendant les sept jours qu’a duré sa traque. Il a finalement été appréhendé grâce à la vigilance du propriétaire d’un cybercafé de Berlin. Le commandant Mainville a tenu à remercier les différents corps de police qui ont pleinement collaboré, ainsi que les médias, qui ont permis de relayer près de 2000 fois la photo du suspect.
Même si les deux agents du SPVM conviennent que la médiatisation du dossier a permis l’arrestation rapide du tueur, ils craignent que cela n’inspire d’autres individus en mal de notoriété. Et malgré les actions entreprises, ils ont dû admettre leur impuissance à faire cesser la diffusion de la sordide vidéo du dépeçage malgré l’article 163 du Code criminel, relatif à l’obscenité.
«Le problème, c’est la propagation. Au moment où on a été informé de son existence, la vidéo avait déjà été hébergée sur différents sites et copiée sur plusieurs serveurs», affirme Denis Mainville qui, malgré 29 ans d’expérience, affirme avoir eu besoin de s’y prendre à plusieurs fois pour visionner les dix minutes au complet.
À quand l’extradition ?
Concernant les délais d’extradition de Luka Rocco Magnotta, là aussi le doute demeure. Si le présumé tueur a indiqué mardi qu’il ne contesterait pas son extradition vers le Canada, le SPVM n’a pas voulu se risquer à donner de délai.