Pas de démolition de la Maison Alcan sans autorisation de la ministre
Une protection supplémentaire de la Maison Alcan a pris forme, jeudi: le promoteur derrière le projet de modernisation de la Maison Alcan ne peut plus démolir en tout ou en partie le bâtiment sans demander l’autorisation à la ministre de la Culture, Hélène David.
La ministre est en effet d’avis que ce bâtiment présente un intérêt patrimonial national et a émis jeudi un avis d’intention de classement pour ce bâtiment.
Selon la Loi sur le patrimoine culturel, «nul ne peut, sans l’autorisation du ministre, altérer, restaurer, réparer, modifier de quelque façon ou démolir en tout ou en partie un bien patrimonial classé». Le ministère de la Culture a confirmé à Métro que cette interdiction est effective dès que l’avis d’intention est déposé.
La ministre dispose maintenant d’un délai d’un an pour rendre une décision finale sur le classement de ce bâtiment. Des consultations seront faites sur le sujet, desquelles découlera un avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec.
Alors que le projet de la Maison Alcan est actuellement sur pause, Richard Bergeron, responsable de la stratégie du centre-ville sein du comité exécutif, s’est dit «satisfait» de l’avis d’intention de classement pour le complexe de la Maison Alcan. Après que ce projet ait soulevé les critiques de l’opposition et de certains urbanistes et architectes, M. Bergeron avait demandé le mois dernier de mettre le projet sur la glace afin de l’analyser de nouveau et obtenir des données additionnelles sur la situation immobilière au centre-ville de Montréal. L’adoption du règlement lié au projet que doit délivrer l’arrondissement de Ville-Marie est actuellement reporté.
«L’évaluation du Conseil du patrimoine culturel du Québec pourra donc se faire parallèlement à nos propres évaluations. Nous sommes convaincus que les éléments architecturaux que nous estimions patrimoniaux seront classés», a déclaré M. Bergeron.
Le projet de redéveloppement de la Maison Alcan, un complexe d’immeubles patrimoniaux situé à l’intersection des rues Sherbrooke et Stanley, consiste à démolir une partie de l’immeuble pour y construire une tour commerciale de 30 étages d’une hauteur de 120 mètres.
L’opposition officielle à la Ville de Montréal avait vivement critiqué le projet cet été, estimant qu’il créerait un important précédant au centre-ville de Montréal, particulièrement pour un secteur comme le Mille carré doré, qui comprend plusieurs immeubles patrimoniaux. «Ça veut dire que quelqu’un qui possède quelques immeubles de deux ou trois étages au centre-ville pourrait décider de les fusionner et de demander une construction en hauteur, comme s’il était propriétaire d’un immeuble de 10 étages», avait avancé Luc Ferrandez, chef intérimaire de Projet Montréal.
La ministre de la Culture a également émis jeudi un avis d’intention de classement pour le studio Ernest-Cormier.