Montréal défend son coordonnateur à l’accueil des réfugiés
Le maire de Montréal, Denis Coderre, a défendu mardi l’embauche du consultant Michel Dorais qui agira à titre de coordonnateur de l’accueil et l’intégration des réfugiés syriens dans la métropole.
Le salaire du fonctionnaire, qui sera payé 1800$ par jour pour un total de 110 000$ pour un contrat de trois mois, avait été vivement critiqué par les syndicats municipaux dans la dernière semaine.
M. Dorais est un ancien sous-ministre de Citoyenneté et Immigration Canada qui a notamment travaillé aux côtés de Denis Coderre lorsque ce dernier a été ministre fédéral de l’immigration entre 2002 et 2003. Il a également assuré la coordination de l’arrivée de Kosovars en 1999.
«On a besoin d’une personne qui connaît ça. On a mis les meilleures personnes aux bonnes places. On n’a pas l’expertise à l’interne [pour faire ce travail]. On est dans une situation d’urgence. Est-ce que j’aurais dû faire un appel d’offres et attendre pendant trois mois une réponse?», a réagi le maire.
Pour justifier le salaire qui sera accordé au fonctionnaire, le maire a indiqué qu’il s’agit du même tarif que M.Dorais charge à titre de consultant auprès du gouvernement fédéral et de sociétés d’État depuis 2007.
«J’aime mieux qu’on me demande pourquoi j’ai fait ça comme ça, plutôt que pourquoi je n’ai rien fais», a ajouté Denis Coderre.
Alors que les premiers avions nolisés par le gouvernement fédéral doivent arriver «bientôt», Michel Dorais devra notamment coordonner les activités sur le terrain pour assurer l’accueil des réfugiés, notamment auprès des bénévoles, des organismes communautaires et avec les gouvernements, et éviter les dédoublements.
«Quand on a plusieurs organismes sur le terrain, il faut s’assurer que tout le monde se parle. [M.Dorais] sera le point de chute», a illustré le maire.
La Ville de Montréal a annoncé par la même occasion la mise sur pied de la ligne Info-aide réfugiés (514-527-6951) qui permettra de répondre à toute personne qui souhaite faire du bénévolat ou des dons pour aider à l’accueil des réfugiés.
Différents comités ont été mis sur pied par Montréal pour coordonner les opérations. «Énormément de travail» doit être réalisé, a dit le maire, pour s’assurer que chaque famille aura droit à un logement dès leur arrivée. Actuellement, de 16 000 à 17 000 unités de logements seraient vacantes à Montréal. La Ville devra travailler avec les organismes du milieu pour définir quels logements libres et décents leur seront offert, sans utiliser des logements sociaux qui sont déjà convoités par les Montréalais.
Des traducteurs seront également mobilisés et une entente avec la Société de transport de Montréal a été faite pour assurer le transport des réfugiés. Un fonds de 1 M$ a été créé pour aider les organismes socio-communautaires dans leur travail avec les réfugiés.