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Les étudiants veulent que la ministre Beauchamp ouvre plus grande la porte

Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Lia Lévesque - La Presse canadienne

MONTRÉAL — Les associations étudiantes saluent ce qu’elles appellent la petite ouverture de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp, mais veulent une plus grande ouverture de sa part à discuter également des droits de scolarité, pas seulement de l’aide financière.

La Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale (FECQ) ont rencontré la presse vendredi matin devant le Collège Rosemont, à Montréal, pour exprimer leur satisfaction de voir la ministre entrouvrir la porte à des discussions avec les étudiants en grève, mais exprimer aussi leur insatisfaction de voir qu’elle refuse d’emblée leur revendication de gel des droits de scolarité.

“Pour nous, le noeud du problème se situe autour des droits de scolarité à l’université. La ministre ne peut donc pas occulter complètement cette situation-là”, a estimé le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin.

Le leader étudiant s’est montré décidément optimiste. “On est très confiant qu’on entre dans un point tournant de cette grève; on entre dans une phase payante, entre guillemets, pour les grévistes. On a des scores de plus en plus forts. Nous, on pense être capable de tenir encore plusieurs semaines. On arrive à un moment où va dénouer l’impasse au cours des prochains jours.”

Jeudi, la ministre Beauchamp s’est dite ouverte à discuter avec les associations étudiantes en grève, mais a répété qu’il n’était pas question de gel des droits de scolarité, ce que revendiquent la FECQ et la FEUQ, ou de gratuité scolaire, ce que veut la CLASSÉ (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante). En entrevue vendredi, la ministre a réitéré sa position.

Il n’y aura pas de discussions sur la base de la contribution financière des étudiants. “Je ne peux pas aller m’asseoir à une table avec les étudiants et dont le sujet de discussion est: ’à qui d’autre vous devez refiler la facture’.

Non, je n’accepterai pas de refiler la facture à quelqu’un d’autre”, a-t-elle dit. La porte reste ouverte, a précisé Mme Beauchamp, si les étudiants veulent discuter de l’accessibilité aux études ou de la gestion des universités.

Mais les fédérations étudiantes croient que la ministre ne peut pas limiter ainsi le cadre des négociations.

Entre-temps, d’autres actions sont à venir de la part des étudiants, notamment une autre grande manifestation à Sherbrooke, la circonscription du premier ministre Jean Charest, le 4 avril.

“On s’attend vraiment à plusieurs milliers d’étudiants. Le 22 mars, on a fait la plus grande manifestation de l’histoire de Montréal. On s’est donné le défi de faire la plus grande manifestation de l’histoire de Sherbrooke”, a indiqué M. Bureau-Blouin.

Par ailleurs, les associations étudiantes FECQ et FEUQ, d’une part, et la CLASSÉ, d’autre part, qui ont traditionnellement vécu quelques tensions, semblent vouloir se rapprocher de façon plus formelle. M. Bureau-Blouin a précisé que ces associations allaient discuter pour “mettre sur pied un comité inter-associatif de négociation”, arguant que “c’est extrêmement important que les étudiants continuent de faire front commun, continuent d’être unis”.

“Entre chaque organisation, ça arrive des fois qu’il y ait de petits irritants, mais nous on veut vraiment abaisser ça au maximum. On pense que les étudiants n’en ont que faire des guerres de bannières. L’important, c’est de ’focuser’ sur la cible”, a plaidé M. Bureau-Blouin.

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