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Trudeau peu inquiet par l'étude de Trump

President Donald Trump speaks during a meeting on women in healthcare, Wednesday, March 22, 2017, in the Roosevelt Room of the White House in Washington. (AP Photo/Evan Vucci) Photo: The Associated Press
Mylène Crête, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau ne semble pas s’inquiéter du nouveau décret que le président américain, Donald Trump, a signé vendredi et qui vise 16 partenaires commerciaux des États-Unis, dont le Canada.

«Chaque pays, incluant les États-Unis, examine régulièrement sa balance et ses pratiques commerciales avec ses partenaires importants, a-t-il dit. Donc, ce n’est pas nouveau.»

Le président Trump exigera ainsi une étude dans les 90 jours sur les pratiques commerciales déloyales que ces 16 pays utiliseraient pour stimuler leurs exportations en sol américain et ainsi obtenir un excédent commercial.

«Nous allons mettre de l’ordre dans ces mauvais accords commerciaux», a affirmé le président Trump lors de la conférence de presse suivant la signature du décret.

L’étude évaluerait, par exemple, les barrières non tarifaires, l’application laxiste des lois, la manipulation des devises et tout autre stratagème pour empêcher l’entrée de produits américains et augmenter les exportations vers les États-Unis.

Parmi cette liste de pays, qui inclut la Chine, le Japon et l’Allemagne, le Canada est celui avec l’excédent commercial le moins imposant.

Questionné lors d’une annonce sur le transport en commun en banlieue de Toronto, Justin Trudeau a réitéré la réciprocité des liens commerciaux entre le Canada et les États-Unis, ajoutant que son gouvernement a déjà mis l’accent sur l’intégration des marchés canadiens et américains dans ses discussions avec l’administration Trump.

«Nous avons souligné à quel point les bons emplois au Canada et aux États-Unis dépendent d’une circulation efficace des biens, des services et des gens de part et d’autre de la frontière de manière sécuritaire, a-t-il affirmé. C’est exactement ce sur quoi nous allons continuer de travailler.»

M. Trudeau a qualifié sa relation avec cette administration de «constructive» et s’est dit ouvert à toute discussion sur les améliorations qui pourraient être apportées à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

L’ALÉNA a été amélioré une douzaine de fois en 20 ans, a-t-il ajouté.

L’étude qui sera demandée par Donald Trump vise à quantifier la part du déficit commercial américain qui peut être attribuée à des pratiques commerciales déloyales et suggérera des pistes de solution pour corriger ce déséquilibre.

Désaccord avec la Maison-Blanche

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a marqué son désaccord vendredi sur les chiffres avancés par l’administration américaine.

«Le Canada est le le plus grand partenaire commercial des États-Unis et lorsque vous tenez compte de l’ensemble de cette relation en incluant les biens et les services, ce sont les États-Unis qui ont un excédent commercial», a-t-elle dit.

Le gouvernement américain avance le scénario inverse. Selon ses statistiques, le Canada avait un excédent commercial en 2016 à cause de ses exportations de pétrole, alors qu’il enregistrait plutôt un déficit commercial de 11,9 milliards $ US en 2015 pour les biens et services.

La ministre Freeland a affirmé que cette nouvelle étude sur les liens commerciaux entre les États-Unis et le Canada est un exercice «de routine» et a salué les efforts de l’administration Trump pour fonder sa politique commerciale sur des faits.

«Je suis persuadée que le gouvernement américain comprend que cette relation est avantageuse et que nous allons travailler fort de part et d’autre de la frontière pour la maintenir telle quelle», a-t-elle dit.

Le gouvernement américain publie chaque année des études sur ses partenaires commerciaux et ce qu’il considère comme des pratiques commerciales déloyales. Le dernier rapport du Bureau du Représentant américain au commerce donne quelques indices sur le contenu de l’étude à venir. Il identifie, entre autres, la gestion de l’offre des industries laitière et de la volaille, le soutien à l’industrie aérospatiale et l’exigence de contenu local dans les appels d’offres d’Hydro-Québec comme des barrières commerciales.

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