Triple meurtre à Shawinigan: témoignages de proches et de voisins
Des proches et des voisins des victimes du triple meurtre survenu à Shawinigan le 5 avril dernier se sont confiés aux médias jeudi après-midi.
Nancy Bordeleau, propriétaire du Bar Saint-Charles, situé en face de la station-service où le présumé meurtrier a été intercepté par les policiers cette nuit, connaissait les victimes. «Elle essayait qu’il s’en aille. Il ne voulait pas s’en aller. La dernière fois que nous nous sommes parlé, c’est ce qu’elle m’a dit. Je lui ai conseillé d’appeler la police. Elle avait peur d’appeler la police justement pour ne pas qu’il pète les plombs». a-t-elle confié à TC Media. Le bar est d’ailleurs situé tout près des deux résidences où s’est déroulé le drame.
Si l’événement est traumatisant, elle ne se dit malheureusement pas surprise de la tournure des événements. La belle-sœur du suspect, qui s’était rendue au bar il y a peu de temps, avait confié qu’elle ne se sentait pas en sécurité. «Elle avait peur de lui. La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’elle avait peur de lui. Elle nous l’a dit à tous.» La victime aurait demandé à une amie, sa cousine qui vivait en Floride selon la propriétaire du bar, de venir habiter chez elle. «Elle habitait avec elle parce qu’elle avait peur.»
La propriétaire soutient également que le présumé meurtrier était déjà venu à son bar, mais qu’elle ne le connaissait pas. «Ce n’était vraiment pas un client régulier. Une fois de temps en temps, je l’ai peut-être servi trois fois en quatre ans.» Elle avait entendu dire qu’il avait des problèmes, financiers notamment.
Le drame est évidemment le seul sujet de conversation dans le coin depuis ce matin. «C’est sûr qu’on a de la peine, tout le monde connait un membre de la famille, c’est un petit village», laisse tomber Mme Bordeleau.
À la station-service voisine de celle où a été intercepté le suspect, la gérante Rose-Anne Muise soutient que le quartier est en état de choc. «Tout le monde trouve que c’est dommage, ils ont de la sympathie pour les familles qui ont perdu des êtres chers. Tout le monde se connait ici, c’est déplorable quand une situation comme ça arrive.»
Témoignages de proches et de voisins
En entrevue à la radio 106.9 FM, la voisine du père du suspect, où ce dernier s’est réfugié, s’est confiée: «Il sonnait plusieurs fois, et j’ai demandé à mon conjoint si on devait lui ouvrir. Il était aspergé d’essence et il disait que sa femme avait été tuée. C’était difficile de démêler tout ça. Nous avons appelé les secours. Nous avons constaté que c’était un drame important qui venait de se produire.»
La sœur du présumé meurtrier s’est confiée en entrevue au 106.9 FM. Elle aurait parlé à son frère, hier, et elle lui aurait demandé s’il avait besoin d’aide. «Il a braillé et il a fait deux crises de panique. On ne savait pas qu’il était pour faire ça. (…) Je jasais avec lui et tout allait bien. (…) En tout cas, moi j’ai fait mon possible. On va aller le voir, je n’ai pas le choix, c’est mon frère.» Selon elle, il n’aurait pas de problèmes psychiatriques.
En entrevue à Radio-Canada, un proche des victimes de la rue du Lac Marchand à Shawinigan, Michel Grenier a déclaré: «Lui (le présumé meurtrier) demeurait là. La madame lui a demandé de partir, c’est son ancien beau-frère, il ne voulait pas. J’ai eu connaissance ce matin que la maison était en feu.»
«C’est très tranquille, tous des gens à la retraite. C’est pas croyable», renchérit un passant, qui n’habite pas le coin, mais qui était venu voir sa sœur malade. «Ma sœur la connaissait. C’est une madame qui était très gentille. C’est épouvantable.»
Avec Patrick Vaillancourt, Sandra Lacroix et Bernard Lepage.