Départ de Mugabe: vers la démocratie, dit Freeland
OTTAWA — Le départ du président du Zimbabwe, Robert Mugabe, marquera le début d’une nouvelle ère pour la population du pays, espère la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland.
Selon elle, la démission de l’homme de 93 ans, qui s’accrochait au pouvoir depuis des années, pourrait représenter «le début d’un chapitre plus réjouissant pour les gens du Zimbabwe».
Les Zimbabwéens «souffraient depuis longtemps», et l’«histoire récente» du pays a été «très, très difficile», a souligné mardi la ministre Freeland en point de presse dans le foyer de la Chambre.
Et avec le départ de Robert Mugabe, qui a régné sur le pays pendant 37 ans, la population peut peut-être enfin aspirer à la «démocratie», à la «prospérité», et à «un meilleur avenir», a-t-elle argué.
Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas répondu aux questions des journalistes sur le départ de l’ancien héros révolutionnaire s’étant mué au fil des ans en dirigeant indélogeable.
En octobre, il a condamné la nomination — par la suite révoquée — du président zimbabwéen comme ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
«Franchement j’ai cru à un mauvais poisson d’avril», avait lâché M. Trudeau en visite à Edmonton, en Alberta, en réaction à cette nomination qu’il avait qualifiée de «ridicule».
Robert Mugabe a jeté l’éponge mardi, après que le Parlement eut entamé une procédure de destitution contre lui.
Dans sa lettre de démission, il a affirmé que sa décision était «volontaire» et qu’elle témoignait de sa «préoccupation pour le bien-être du peuple du Zimbabwe».
La ministre Freeland a affirmé que le gouvernement canadien suivrait l’évolution de la situation dans ce pays d’Afrique australe devenu indépendant de la minorité blanche en 1980.
Le gouvernement canadien a mis à jour son site internet de conseil et d’avertissements aux voyageurs dans la foulée de ce nouveau développement.
La situation en matière de sécurité au Zimbabwe «pourrait se dégrader rapidement en raison du contexte politique incertain», prévient Ottawa.
«Des manifestations spontanées se déroulent dans les grands centres depuis la fin de l’après-midi du 21 novembre 2017 pour célébrer la démission du président», peut-on y lire.
Le gouvernement suggère d’éviter les endroits où ont lieu des manifestations et précise que si certains rassemblements peuvent sembler «de nature festive, ils peuvent poser un risque».