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Éviction d’aînés: Québec dit qu’il ne peut rien faire

Éviction d’aînés: Québec dit qu’il ne peut rien faire
Photo: Getty Images/iStockphotocropped shot of senior evicted and expropriated from his house because of the crisis

Le gouvernement Couillard ne pourra rien faire pour empêcher d’autres évictions sauvages de personnes âgées comme celle qui a eu lieu la semaine dernière en Beauce.

La ministre responsable des aînés, Francine Charbonneau, a dit mercredi qu’il faudrait une modification législative, qui n’est pas envisageable avant la fin de la session, à la mi-juin, et les élections d’octobre.

Elle réagissait ainsi à l’expulsion avec un préavis d’à peine 48 heures d’une quarantaine d’aînés d’une résidence privée de Vallée-Jonction, que son propriétaire a décidé de fermer, la semaine dernière.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale, Mme Charbonneau a rappelé qu’il revient au locataire à se plaindre pour non-respect du bail, puisqu’il existe des règles: le préavis doit être de six mois en cas de cessation des activités, en vertu de la Loi sur la santé et les services sociaux. Toutefois, elle a reconnu que c’est une procédure difficile pour un locataire âgé de plus de 80 ans.

La ministre a soutenu qu’on pourrait notamment ajouter une clause dans la loi pour protéger les aînés, tout en soulignant que les travaux de la Chambre tirent à leur fin.

«Faut-il revoir (la loi)? Je vous dirais que probablement, on va s’y attarder un peu, mais vous le savez, le temps de la législation est très, très court», a-t-elle déclaré avant de se rendre au caucus libéral.

En Chambre, la Coalition avenir Québec (CAQ) a demandé à ce que les établissements de santé prennent en charge pour une durée raisonnable les personnes en cas de fermeture d’une résidence lorsqu’il y a une crise.

«Est-ce qu’on peut protéger les aînés contre les fermetures sauvages et leur permettre de vieillir dans la dignité?» a demandé le député caquiste de Beauce-Sud, André Spénard.

Mme Charbonneau a rappelé à ce titre que les autorités du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISS) avaient effectué un «accompagnement serré»: elles ont rapidement secouru la clientèle vulnérable et l’ont relocalisée dans les environs. Cependant, les aînés ne sont pas à l’abri d’une autre crise de ce genre.

«Est-ce que ça va se reproduire? Nous souhaitons que non, mais si jamais cela arrive, nous serons au rendez-vous pour protéger les aînés du Québec», a affirmé la ministre à la période de questions.