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Couillard brandit le spectre de l'instabilité

Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Patrice Bergeron, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

SAINTE-ANGÈLE-DE-PRÉMONT, Qc — Au jour 1 de la campagne électorale, le chef libéral Philippe Couillard brandit déjà l’épouvantail de l’instabilité sous un éventuel gouvernement caquiste.

Dans son discours de lancement de campagne jeudi, à Québec, le premier ministre sortant a dit que les Québécois avaient le choix entre la «stabilité et l’instabilité».

À ses yeux, «l’enjeu est simple: soit nous récoltons les fruits des efforts passés, soit nous compromettons des années de travail», a déclaré durant la conférence de presse M. Couillard, faisant ainsi référence aux compressions pour arriver à l’équilibre budgétaire en début de mandat, ainsi qu’aux nombreuses annonces des libéraux prises à même les surplus.

Il a affirmé que la Coalition avenir Québec (CAQ), qui serait en tête selon les sondages, a déjà un «long catalogue de gens à affronter» et de chicanes, avec les régions, les Premières Nations, les médecins spécialistes et la fonction publique.

«Si on veut replonger le Québec dans l’affrontement, je n’appelle pas ça de la stabilité et c’est ce que je vois dans les intentions politiques de ce parti», a-t-il déclaré.

De même, il a douté de l’engagement réellement fédéraliste du chef caquiste François Legault, qui était autrefois ministre du Parti québécois.

La caravane de M. Couillard avait comme première destination la Mauricie, une région convoitée notamment par la CAQ.

Dans un rassemblement à Sainte-Angèle-de-Prémont jeudi soir, où se trouvaient environ 200 militants, le chef libéral a attaqué le parti de M. Legault sur deux de ses positions, soit sa volonté de bloquer un projet éolien sur la Côte-Nord et de réduire le nombre d’immigrants admis chaque année.

M. Couillard a rappelé la présence en Mauricie de Marmen, une grosse usine de composantes d’éoliennes. Il a aussi souligné que la région avait besoin de main-d’oeuvre, d’où qu’elle vienne.

«(Les caquistes) ne rendent pas service à la Mauricie. Comment on peut se présenter à Cap-de-la-Madeleine et être contre l’éolien?»

Un membre de La Meute qui se trouvait sur les lieux avant son arrivée a été expulsé par les forces de l’ordre.

Clairement identifié par son blouson, celui qui se faisait appeler «Ti-Rouge» voulait remettre le manifeste du groupe identitaire au chef libéral, mais il a été reconduit vers la sortie.

Interrogé par les journalistes, il a dit qu’il souhaitait simplement remettre le manifeste à M. Couillard, sans lui parler. Il n’a pas voulu dire s’il était d’accord ou non avc les positions du gouvernement.

Un groupe de travailleurs en lock-out de l’aluminerie ABI de Bécancour manifestait également. Le chef libéral l’a rencontré à son arrivée.

Il réclame un geste du premier ministre auprès de l’entreprise pour mettre fin au conflit de travail qui dure depuis sept mois. Le porte-parole du syndicat des Métallos a dit que le lock-out avait coûté 135 millions $ en manque à gagner à Hydro-Québec jusqu’à maintenant.

La Mauricie est une région convoitée par tous les partis. À Trois-Rivières, le député libéral sortant, Jean-Denis Girard, devra affronter entre autres le candidat caquiste Jean Boulet, le frère de la ministre libérale Julie Boulet, elle-même députée de Laviolette, mais qui ne se représente pas.

L’actuel député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, hérite de cette circonscription fusionnée, qui devient Laviolette-Saint-Maurice.

Par ailleurs, une candidate vedette de la CAQ, Sonia LeBel, fera la lutte au député libéral Pierre-Michel Auger dans Champlain.

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