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Lisée défend Blanc, Couillard voit une ligne rouge

Transgender Michelle Blanc testifies at a legislature committee studying the proposed Charter of Values on secularism Wednesday, January 15, 2014 at the legislature in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot Photo: La Presse canadienne
Mélanie Marquis, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

QUÉBEC — Les propos de Michelle Blanc sur les juifs hassidiques et sur Hitler n’auraient pas aussi bien passé si elle les avait formulés à titre de candidate, estime Jean-François Lisée. S’il a apporté cette nuance, lundi, le chef n’a toutefois pas changé sa position sur l’«humour noir» de celle que Philippe Couillard a accusée d’avoir «franchi une ligne rouge» avec son gazouillis sur le dictateur nazi.

Le leader du Parti québécois (PQ) a ajouté un nouvel élément à son argumentaire lorsqu’on lui a de nouveau demandé, en après-midi, de se prononcer sur une entrée de blogue de 2007 dans laquelle Michelle Blanc écrivait qu’elle était passée à un cheveu de «frapp(er)» par «intolérance» un juif hassidique qui s’était conduit de manière impolie chez le fleuriste.

«Elle était libre de l’exprimer à ce moment-là. Évidemment, comme candidate, elle n’écrirait pas les choses de la même façon. On a une plus grande réserve quand on est candidat. Mais vous ne me verrez jamais dénoncer quelqu’un qui critique la religion en tant que citoyen», a-t-il affirmé en mêlée de presse à Alma.

«Je défends le droit de la communauté hassidique à Montréal, de s’épanouir, d’être là. C’est ma position. Mais je défendrai le droit de quiconque à critiquer ce groupe et d’autres groupes religieux», a martelé M. Lisée. Il a de nouveau accusé le B’nai Brith — qui avait réclamé l’éjection de l’aspirante députée — de chercher à baliser la liberté d’expression au Québec.

Le dirigeant de l’organisation juive, Harvey Levine, a envoyé une lettre au chef du PQ vendredi dernier pour lui demander de montrer la porte à Michelle Blanc, reprochant à cette dernière d’avoir «exprimé publiquement et avec malveillance des sentiments antisémites, racistes et préjudiciables».

Humour noir vs. ligne rouge

Les adversaires politiques de Jean-François Lisée n’ont pas voulu dire si ce dernier devrait montrer la porte à sa candidate. Cependant, le gazouillis qu’elle a écrit en 2011 («Merde, j’ai oublié de fêter l’anniversaire de Hitler la semaine dernière!») a inspiré une réaction au chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard.

«Il y a des sujets qui me paraissent au-delà de ce qu’on peut appeler la ligne rouge. Je comprends que de parler de l’anniversaire d’Hitler, c’est de l’humour, mais faire de l’humour avec l’un des plus importants meurtriers de l’histoire de l’humanité, ça me paraît douteux. Pour le reste, c’est au PQ de se gouverner», a-t-il offert à Québec.

À cela, Jean-François Lisée a répondu que «de l’humour noir, c’est de l’humour noir», et que «si M. Couillard veut interdire l’humour noir, c’est un choix». Et rire d’Adolf Hitler, c’est possible: «Écoutez, il y a une pièce très connue qui s’appelle « Springtime for Hitler » (oeuvre de la comédie musicale The Producers), et c’est de l’humour noir, et c’est extraordinairement antinazi».

Le leader a commencé à montrer des signes d’irritation lorsque les journalistes lui ont demandé de préciser s’il connaissait le contexte du gazouillis controversé de sa candidate. «Cette conversation est, à mon avis, ridicule. Là, ce qu’on est en train de faire, c’est d’essayer savoir si de l’humour noir était en contexte ou pas… c’est de l’humour noir!», a-t-il lancé.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a pour sa part signalé qu’il préférait «laisser M. Lisée se démerder avec ses problèmes».

Pas d’instrumentalisation, dit Lisée

En matinée, le dirigeant péquiste s’est défendu d’avoir cherché à instrumentaliser le B’nai Brith pour marquer des points politiques lorsqu’on lui a demandé pourquoi son équipe avait distribué aux journalistes qui couvrent sa campagne la missive qu’il a envoyée en réponse à l’organisation.

«C’est ma décision, j’en suis très content», a-t-il répondu, mettant cela sur le compte de son réflexe de «transparence totale», à titre d’ancien journaliste.

«Il y a un groupe très minoritaire parmi les communautés juives, le B’nai Brith, qui est d’ailleurs contredit régulièrement par les groupes majoritaires dans les communautés juives, qui a décidé d’envoyer une grenade dans notre campagne», défendant à nouveau son droit de riposter à ces «tentatives d’intimidation».

Il a aussi assuré que personne dans son entourage ne l’exhortait à larguer Michelle Blanc et soutenu qu’il n’avait pas non plus l’intention de la cacher d’ici la fin de la campagne électorale. La candidate doit normalement dévoiler la stratégie numérique du PQ d’ici la fin de la campagne électorale, qui en est lundi au jour 19.

«J’ai ENFIN le feu vert de @JFLisee pour commencer à vous présenter le dossier complexe et les propositions de la #RevolutionEcoNumerique (notre Baie-James du XXIe sc) du @partiquebecois. À suivre dans les prochains jours #PolQc = WOUHOUHOU», a-t-elle écrit vendredi passé sur Twitter.

— Avec les informations de Julien Arsenault à Québec et de Vicky Fragasso-Marquis à Châteauguay

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