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Immigration: la CAQ défend ses positions à Montréal-Nord

Vicky Fragasso-Marquis, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Lors d’un rassemblement militant à Montréal-Nord avec plusieurs membres de la communauté haïtienne, la Coalition avenir Québec (CAQ) a tenté de se réapproprier l’enjeu de l’immigration en sa faveur, plaidant que le gouvernement libéral «a laissé tomber beaucoup de nouveaux arrivants».

«Beaucoup d’immigrants ont dû quitter le Québec: 26 pour cent. Nous, ce qu’on veut à la CAQ, c’est une immigration réussie», a lancé le chef de la CAQ, François Legault, pendant son discours.

La CAQ veut prendre «moins d’immigrants, mais en prendre soin», a-t-il soutenu.

C’est le message qu’a martelé également sa candidate dans Bourrassa-Sauvé, Julie Séide.

«Le gouvernement sortant veut nous faire croire que le système d’immigration est un succès. Vous savez quoi? Sur le terrain, et étant moi-même fille d’immigrants, la situation est différente. Nous avons des médecins issus de la diversité qui travaillent dans des manufactures», a-t-elle déclaré.

La CAQ propose de baisser le seuil annuel d’immigration pour qu’il passe de 50 000 à 40 000. Le parti souhaite accueillir moins d’immigrants, pour, dit-il, mieux les intégrer dans la société québécoise.

Le parti a aussi l’intention de faire passer un test de valeurs et un test de français aux nouveaux arrivants, trois ans après leur arrivée.

Ces propositions lui valent les critiques du chef libéral Philippe Couillard, qui a même suggéré lundi que l’immigration pourrait être la question que les électeurs se poseront dans l’urne.

En mêlée de presse après l’événement, François Legault a admis que son parti avait du «travail à faire» pour mieux expliquer ses propositions sur le sujet.

«C’est sûr que j’ai un adversaire, Philippe Couillard pour ne pas le nommer, qui répand des faussetés sur nos positions, qui nous traite d’intolérants, alors que ce qu’on veut, c’est au contraire, mieux accueillir les immigrants», a-t-il déclaré.

«Il y a du travail à faire.»

Quelques militants présents à l’événement ont défendu la position, mais certains ont reconnu que le chef avait de la difficulté à passer son message.

«Le fond est bon, mais la forme, il faut l’expliquer. Legault, c’est comme si son discours est penché sur l’anti-immigrant. Mais c’est pas ça du tout. Ça, c’est la forme», a affirmé Jean.

«Il n’a pas beaucoup de détails; il a donné des chiffres, il a fait un calcul, en parlant des 26 pour cent qui partent du Québec, mais c’est la vérité», a ajouté Javier.

En entrevue, lundi matin, le neuropédiatre d’origine haïtienne Lionel Carmant, qui tente de se faire élire dans Taillon, au sud de Montréal, avait lui aussi laissé entendre que la CAQ gagnerait à expliquer davantage ses positions.

«Ce sont des familles qui, depuis des générations, votent libéral. C’est de la résistance au changement. Et la seule façon de vaincre la résistance au changement, c’est d’expliquer son point», a-t-il expliqué.

«C’est difficile sur des clips télé de quelques secondes. Là on va être tous présents pour expliquer aux gens ce qu’on veut faire vraiment.»

Interrogé à savoir si les communautés culturelles comprenaient bien le message de son parti, M. Carmant a répondu par la négative.

«Non, parce que tout ce qu’on dit, c’est qu’on veut diminuer (les seuils), mais ce qu’on veut c’est améliorer, ensuite on va pouvoir augmenter», a-t-il soutenu.

«Moi, je donne toujours l’exemple du restaurant. On a un super restaurant, il y a 200 places, mais on a juste cinq serveurs. Après 30 minutes, moi je m’en vais.»

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