Centre maritime: le NPD tiendra des audiences
OTTAWA – Indigné que le gouvernement conservateur refuse d’étudier en comité parlementaire les conséquences de la fermeture du centre de sauvetage de la garde côtière de Québec, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a décidé de tenir ses propres audiences publiques lundi.
Selon le NPD, cette fermeture pourrait être dangereuse, car les employés de ce centre bilingue s’occupaient des appels de détresse des pêcheurs et plaisanciers francophones.
«On parle de sauver des vies», insiste le député néo-démocrate Yvon Godin, qui est aussi porte-parole du parti en matière de langues officielles. «C’est très important.»
Le NPD affirme avoir demandé à plusieurs reprises au comité des Communes sur les langues officielles de lancer une étude sur l’impact de cette décision du gouvernement.
Yvon Godin dit avoir essuyé plus d’un refus des conservateurs, qui sont majoritaires au comité et ont ainsi le dernier mot.
Lorsque le Centre de sauvetage maritime de Québec sera fermé, les services seront assurés par les centres de Halifax, en Nouvelle-Écosse, et de Trenton, en Ontario.
Le NPD s’inquiète de la fin des activités du centre de Québec car il craint que le français des officiers des deux autres centres ne soit pas à la hauteur pour répondre aux appels d’urgence des marins.
M. Godin cite le cas d’un navire qui a appelé en français le centre de sauvetage maritime. L’appel a été pris à Halifax, pour être envoyé à Boston, avant d’être finalement transmis au centre de Québec.
«S’ils se font répondre ‘I don’t speak French’, on fait quoi? On ne peut pas attendre que les gens perdent leur vie», lance M. Godin.
Le gouvernement maintient depuis le début que la sécurité du public ne sera aucunement menacée par le regroupement des centres car l’aide aux personnes en détresse sera assurée et que la Garde côtière s’emploie toujours à fournir des services bilingues.
Les audiences auront lieu lundi matin au Château Frontenac à Québec.
Parmi les témoins qui seront entendus, il y aura notamment Carole Raîche, la présidente de l’Association des centres d’urgence du Québec, le capitaine Hubert Desgagnés, un consultant maritime et expert en recherche et sauvetage, ainsi que le capitaine Michel Fortin, président de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central.
Le centre de Québec devait d’abord fermer officiellement cette année, mais cela a été reporté au printemps 2013 par Pêches et Océans Canada.
Selon le NPD, le gouvernement a de la difficulté à pourvoir ces postes. Et puis, si du personnel est trouvé, la formation est longue. Elle peut atteindre de trois à quatre ans, avance M. Godin, qui craint une absence de services en français durant cette période.
Le NPD va tenter de déposer le rapport de ses audiences au Parlement. «Si vous ne voulez pas qu’on fasse la job à Ottawa, on va la faire quand même», a lancé le député à l’attention des conservateurs.
Si cette tentative échoue, «au moins les médias l’auront et le rapport sera rendu public», explique M. Godin.
Il espère que le gouvernement Harper reviendra alors sur sa décision de fermer ce centre de sauvetage maritime.
Le Parti libéral et le Bloc québécois ont aussi dans le passé exercé des pressions pour empêcher cette fermeture.