L’UMQ veut un pacte fiscal avec Québec en septembre
Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, veut signer un nouveau pacte fiscal «équitable» avec le gouvernement Legault d’ici septembre prochain, avant l’échéance de l’entente actuelle, en décembre 2019.
L’UMQ proposera notamment de transférer un point de la taxe de vente (TVQ) vers les villes pour s’attaquer à une incohérence dans le monde municipal. «Le seul contribuable qui ne paie pas ses taxes au niveau municipal en totalité, c’est Québec, a expliqué M. Cusson à Métro. Il y a un manque à gagner de 150M$ sur ce que le gouvernement devrait payer, et ce qu’il débourse en réalité. Actuellement, c’est la taxe foncière, donc les résidants, les commerces, les industries, qui paient pour l’absence du provincial.»
Il faut commencer, selon lui, par donner plus de moyens financiers aux municipalités.
«C’est un engagement qu’avaient pris tous les partis politiques. Montréal, par exemple, a besoin de ces nouveaux revenus prévisibles. Et ce n’est pas de l’argent neuf, ça peut être la transformation de programmes actuels», plaide celui qui est aussi maire de Drummondville.
À l’heure actuelle, les redevances sur les ressources naturelles aux municipalités «sont gelées depuis près de quatre ans», analyse Alexandre Cusson. Il souhaite voir ce montant augmenter à travers le Québec dès 2019. «Ce sont des éléments qui sont essentiels pour avoir une entente judicieuse pour toutes les régions, des grandes villes aux petits villages», observe-t-il.
À Montréal, M. Cusson entend soutenir l’administration Plante dans sa volonté d’offrir plus de transport collectif et de déplacements actifs en 2019.
«La métropole a des enjeux de mobilité importants, des thèmes qu’on a priorisés pendant la campagne électorale, et on est à la même place que l’administration là-dessus. On va appuyer les initiatives, puisqu’on est convaincu que personne n’est mieux placé que les gouvernements de proximité pour identifier les besoins», envisage-t-il.
L’impact de la métropole
«Quand Montréal va bien, c’est bon pour les régions aussi», répond d’un trait le président de l’UMQ lorsque questionné sur l’impact de la métropole au sein de son association. «Ça va dans les deux sens. Les régions et les villes ont un impact sur chacune d’entre elles. C’est plus qu’une image, on y croit vraiment», nuance-t-il.
Depuis septembre 2017, la Loi sur la métropole, qui augmente les pouvoirs et les champs de compétence de la Ville de Montréal dans certains domaines, a changé la donne dans le milieu municipal, reconnaît le principal intéressé.
«Ce sont des mécanismes dont on va apprécier les impacts à moyen et long terme, mais encore faut-il que les principes d’autonomie aillent plus loin. Il faut passer de la parole aux actes.» – Alexandre Cusson, président de l’UMQ
«On doit adapter notre relation à cette nouvelle réalité, et mieux travailler ensemble avec le gouvernement, en se traitant comme des partenaires d’abord, avance-t-il également. Les villes ne sont plus des simples créateurs du gouvernement, et il faut le comprendre. On pense qu’il y a encore du chemin à faire à ce niveau-là pour repenser le dialogue.»
2019 marquera le centenaire de la création de l’UMQ. La publication d’un volume historique et la tenue d’une assemblée à Saint-Hyacinthe, là où tout à commencé, est au programme.