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La communauté de Cat Lake déclare l'état d'urgence

CAT LAKE, Ont. — Les dirigeants de la Première Nation de Cat Lake, dans le nord de l’Ontario, ont déclaré l’état d’urgence, évoquant «des conditions de logement profondément médiocres» comme étant la cause d’une crise de santé publique.

Une prolifération excessive de moisissure, des problèmes structurels et un manque de fonds pour l’entretien courant sont à l’origine de problèmes de santé tels que des maladies bactériennes invasives et infections pulmonaires, selon la déclaration des dirigeants.

Le chef Matthew Keewaykapow et le conseil ont demandé aux gouvernements provincial et fédéral d’intervenir avec un plan d’investissement ainsi qu’un plan d’intervention ou d’évacuation.

Le conseil a aussi interpellé Santé Canada pour qu’il fournisse des plans détaillés et un calendrier pour la résolution du problème.

Selon la communauté, elle subit les effets des querelles entre les gouvernements fédéral et provincial «qui se traduisent par un accès inéquitable non seulement aux soins de santé, mais aussi à des solutions significatives aux conséquences épidémiques de la crise».

Le ministre ontarien des Affaires autochtones, Greg Rickford, a déclaré que, même si «la déclaration d’une urgence sociale préoccupe grandement» son gouvernement, le logement dans les réserves est une responsabilité fédérale.

M. Rickford a appelé le gouvernement fédéral à «apporter un soulagement immédiat» à la communauté de Cat Lake et a assuré qu’il surveillait la situation de près.

Le ministère travaille sur un «plan d’action»

Le nouveau ministre des Services aux Autochtones Seamus O’Regan dit s’être entretenu avec le grand chef des Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler et M. Keewaykapow sur la crise.

«Ils m’ont exprimé les défis importants auxquels la communauté est confrontée et la nécessité de disposer d’un plan d’action concret pour les résoudre, a-t-il affirmé dans une déclaration écrite. J’ai indiqué que les responsables de notre ministère continueraient de travailler en étroite collaboration avec eux pour élaborer un plan d’action répondant aux besoins de la communauté.»

Martine Stevens, une porte-parole du ministère fédéral, a déclaré que des «responsables techniques» rencontreraient la Première Nation la semaine du 28 janvier «afin d’élaborer un plan d’action pour répondre aux besoins de la communauté».

En décembre, le ministère a approuvé une somme de 200 000 $ pour mener une inspection complète qui a appelé à la démolition de 87 des 110 maisons examinées.

Des conditions «intolérables»

M. Fiddler a demandé aux gouvernements de travailler ensemble pour mettre fin à la crise.

«Il est inacceptable que les habitants de Cat Lake souffrent dans des conditions de vie qui seraient intolérables dans la société en général», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Nous appuierons le chef et le conseil pour faire en sorte que les améliorations de logement nécessaires soient mises à disposition le plus rapidement possible, en particulier pour les membres de la communauté à haut risque tels que les nourrissons et les jeunes, les handicapés et les personnes âgées.»

M. Fiddler a fait remarquer que les dirigeants des 49 Premières Nations de la Nishnawbe Aski Nation — y compris la Première Nation de Cat Lake — avaient déclaré une urgence collective en matière de logement en 2014 en raison de la mauvaise qualité de leur logement et des effets connexes sur la santé.

La communauté éloignée de Cat Lake, qui comptait 565 habitants au moment du recensement de 2016, est située à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Thunder Bay, en Ontario.

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