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10:55 22 avril 2019 | mise à jour le: 23 avril 2019 à 08:56 temps de lecture: 4 minutes

Des centaines de jeunes devant l’Assemblée nationale pour l’urgence climatique

Des centaines de jeunes devant l’Assemblée nationale pour l’urgence climatique
Photo: Courtoisie ÉquiterreDes milliers de jeunes de partout au Québec étaient présents.

Plus de 1000 jeunes d’un peu partout au Québec ont manifesté lundi, devant l’Assemblée nationale, pour sommer les élus provinciaux d’investir en environnement et de lutter contre les changements climatiques.

«On souhaite que nos décideurs prennent réellement des actions concrètes et surtout, qu’ils prennent conscience de l’urgence climatique», explique à Métro Laura Bergamo, la porte-parole du collectif qui organisme le rassemblement.

«Arrêtons de tourner en rond maintenant» ; c’est le slogan de la manifestation que les organisateurs veulent toutefois tenir dans un esprit «festif et animé», dans le respect de toutes et tous. Même si les jeunes sont plus directement ciblés, toutes les tranches d’âges sont les bienvenues, assure Mme Bergamo.

Formée de quelques dizaines d’organisations écologistes – dont Greenpeace, l’Union Paysanne, la Fondation David Suzuki, Environnement JEUnesse, Équiterre et Nature Québec – et de syndicats nationaux, la coalition a été fondée au tournant de 2019, en prévision du Jour de la Terre.

«On trouvait que c’était une date très fédératrice et hautement symbolique pour rassembler les citoyens, les organismes, les jeunes. On s’est donc tous rencontrés, il y a quelques mois, pour coordonner une grande mobilisation pour l’environnement.» -Laura Bergamo, porte-parole du collectif-organisateur de la manifestation

Même son de cloche pour le directeur des communications d’Équiterre, Ryan Worms. «On prend part aujourd’hui à cette action symbolique aux côtés de milliers de jeunes et moins jeunes, unis face à l’urgence climatique, ce mouvement d’action environnementale à la fois local et global», avance-t-il.

«Il faut rassembler plutôt que de diviser. C’est nécessaire de voir des changements audacieux, il est plus que temps d’agir.» -Ryan Worms, directeur des communications d’Équiterre

Une cérémonie d’ouverture a d’abord lancé les festivités, dès 12 h 30. Le groupe Shanipiap, originaire de Wendake, s’est offert en performance, peu avant le début de la marche à 13 h. Quelque 13 jeunes engagés «provenant d’un peu partout au Québec» ont aussi pris la parole au cours de la manifestation «pour faire passer leur message et formuler leurs priorités, leurs revendications» au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«L’idée, c’est de donner la possibilité à tous ces jeunes venus des quatre coins de la province de s’exprimer», laisse entendre la porte-parole.

«Ici et maintenant»
Un système de navettes a été mis en place depuis les villes de Saguenay, Montréal, Sherbrooke, Trois-Rivières et Gatineau pour permettre aux étudiants et aux jeunes citoyens d’assister à la manifestation dans la capitale nationale. «Toutes les émissions générées par les autobus seront compensées par la plantation d’arbres», assure-t-on.

Dans un document rendu public pour promouvoir la manifestation, Alix Ruhlmann, du Collectif décroissance conviviale de Montréal, insiste sur le fait que «si on ne mobilise pas tout le monde rapidement, on est tous foutus». «Il faut se mobiliser, ici et maintenant, ou alors se taire à jamais et accepter en pleine connaissance de cause que le chaos va se déchaîner, exacerbant encore et encore les inégalités», ajoute-t-elle.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, et le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ont confirmé leur présence à l’événement. L’instigateur du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, ainsi que l’ancien chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, y seront aussi.

Près de 400 organismes communautaires du Québec ont aussi appelé leurs membres à se mobiliser pour le climat la semaine dernière, lors des manifestations qui auront lieu le 27 avril prochain à Montréal, à Sherbrooke et un peu partout dans la province.

Québec invite à poser des gestes
À Montréal, lundi matin, la ministre de la Santé Danielle McCann a planté un arbre lundi devant l’hôpital St. Mary’s, en encourageant les citoyens à poser eux aussi des gestes pour mieux combattre les changements climatiques.

L’élue provinciale a insisté sur le fait que les espaces verts avaient aussi un effet sur la santé des personnes — en réduisant le stress et l’anxiété, par exemple — en plus de contribuer à lutter contre les îlots de chaleur.

À ses côtés, Richard Campeau, adjoint parlementaire du ministre de l’Environnement, a souligné que le gouvernement caquiste pouvait certes jouer un rôle de leadership pour contrer les effets des changements climatiques, mais que ce sont aussi les citoyens qui devaient changer leurs habitudes.

Quelque 350 activités de tous ordres sont prévues dans l’ensemble du Québec, a noté de son côté le directeur du Jour de la Terre, Pierre Lussier. Avec La Presse canadienne 

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Commentaires 2

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  • Lucien Pigeon

    Dans le Journal métro aujourd’hui le 23 avril 2019, Richard Campeau, adjoint parlementaire du ministre de l’Environnement a déclaré que « ce sont nos habitudes qui doivent changer » pour contrer les effets des changements climatiques.

    J’espère que mon cher député caquiste n’inclut pas les citoyennes et les citoyens non élus (et sans vrai pouvoir décisionnel dans le système capitaliste tel qu’il existe présentement) dans son « NOUS » et que les « NOUS » sont LUI, les RICHES, les POLITICIENS qui sont contrôlés par les RICHES et les MÉDIAS qui sont contrôlés par les RICHES qui contrôlent l’information.

  • Lucien Pigeon

    Les conséquences du réchauffement climatiques sont effrayantes

    Le film d’Al Gore, « la vérité qui dérange » de 2006 n’était pas assez effrayant pour convaincre les politiques. Le film « L’ère de stupidé » de 2009 a réussi à mettre au grand jour le péril écologique que les scientifiques évoquaient depuis des décennies. Mais, après toutes ces années de vérité, le problème du climat n’a pas été résolu par la classe politique et notre civilisation de « drogués au pétrole » n’est pas prête à mettre un coup d’arrêt à ce désir de croissance qui pourrit les ambitions des plus modestes défenseurs de ce qui reste de lucidité.

    La stupidité persiste et la classe politique a perdu l’autorité morale de décider tout seul le destin de l’humanité.

    L’ère de la Stupidité, réflexion sur le monde
    http://www.ecolopop.info/2009/03/lere-de-la-stupidite-reflexion-sur-le-monde-contemporain/5164