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Couche-Tard: Un arbitre décrètera deux conventions collectives

Photo: Archives Métro

Un arbitre imposera les conventions collectives des Couche-Tard de Saint-Liboire et de Saint-Hubert. La CSN en a fait l’annonce vendredi midi lors d’une manifestation en appui aux travailleurs syndiqués. La ministre du Travail, Lise Thériault, avait confirmé jeudi l’arbitrage pour les premières conventions collectives.

Des ex-travailleurs de Couche-Tard licenciés en raison des fermetures à la suite de la syndicalisation de deux dépanneurs s’étaient rassemblés au coin des rues Saint-Denis et Beaubien vendredi midi. C’est à cet endroit que se trouvait le premier Couche-Tard syndiqué, fermé par l’entreprise il y a un an exactement.

Dans une atmosphère festive, un vice-président de la CSN, Jean Lacharité était fier d’annoncer devant la foule que le processus d’arbitrage était enclenché. «Nous avons maintenant la garantie qu’il y aura des conventions collectives dans les Couche-Tard!», a-t-il clamé. En marge du rassemblement, M. Lacharité admet qu’il aurait préféré une entente négociée, mais que le fossé entre les parties au niveau salarial était trop important.

La CSN représente les employés de cinq dépanneurs Couche-Tard syndiqués, dont trois sont toujours ouverts. Selon la centrale syndicale, avec deux conventions collectives imposées, des travailleurs d’autres Couche-Tard voudront se joindre au mouvement syndical.

Recours devant la CRT
Concernant les ex-employés des deux dépanneurs fermés l’an dernier, la CSN est toujours en audition devant la Commission des relations de travail (CRT). M. Lacharité s’est dit confiant de voir la CRT forcer Couche-Tard à dédommager les employés licenciés pour «ingérence dans les affaires du syndicat».

«Malgré la fermeture, on continue la lutte et on continue de se battre, a lancé un ancien employé membre de l’exécutif syndical, Laurent De Gagné-Plamondon. Nous sommes toujours aussi déterminés».

Quelques résidents du quartier Rosemont étaient venus exprimer leur appui aux ex-travailleurs. Certains étaient des clients réguliers du dépanneur au coin des rues Saint-Denis et Beaubien. «J’allais souvent à ce dépanneur, se souvient une citoyenne du quartier, Isabelle Wasstrom. Je pense qu’ils méritaient des meilleures conditions.»

Un autre résident, David Saint-Germain, partage cette opinion : «Après la syndicalisation, les gens étaient heureux et on voulait les encourager», explique-t-il. Tous deux ont des doutes sur les motifs de la fermeture du Couche-Tard, alors qu’un nouveau franchisé ouvrira ses portes à moins de 500 mètres prochainement. «Je ne pense pas y aller, je vais le boycotter», ajoute M. Saint-Germain.

La CSN a d’ailleurs pourfendu l’attitude de géant québécois depuis le début du conflit. «Il est temps que Couche-Tard devienne un bon citoyen corporatif en respectant la liberté d’association», croit Jean Laliberté. Il accuse l’employeur de faire «des campagnes de peur» auprès des employés.

Pour sa part, Couche-Tard fait désormais affaire avec la compagnie de communication Infrarouge pour son image publique face à la syndicalisation. Le responsable du dossier n’a pas retourné les appels de Métro.

Conditions de travail
Ce qui a déjà été convenu entre le syndicat et l’employeur :

  • Protection des horaires pour les employés à temps plein
  • Respect de l’ancienneté
  • Vacances et congés
  • Création d’un comité sur les relations de travail

Ce que l’arbitre devra trancher :

  • Les conditions salariales

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