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17:59 28 janvier 2020 | mise à jour le: 10 février 2020 à 11:40 temps de lecture: 4 minutes

Migration secondaire: les réfugiés restent dans leur ville d’accueil

Migration secondaire: les réfugiés restent dans leur ville d’accueil
Photo: FacebookL'organisme Action Réfugié Montréal travaille et milite pour le parrainage des familles de réfugiés dans la métropole.

Les réfugiés restent autant dans leur ville d’accueil que les immigrants économiques. C’est ce que révèle une étude de Statistique Canada.

Le chercheur Feng Hou a étudié les comportements migratoires des réfugiés et des immigrants économiques de 20 à 54 ans entre 2000 et 2014. Selon son étude, dans les trois villes servant de porte d’entrée – soit Montréal, Toronto et Vancouver – les immigrants économiques, les réfugiés parrainés par le privé et les réfugiés pris en charge par le gouvernement ont un taux de rétention identique.  Plus de 85% des immigrants de toutes les catégories d’admission étaient restés dans leur ville de destination initiale 10 ans après leur arrivée.

Dans les régions métropolitaines de tailles moyennes, la propension à rester dans sa ville d’accueil est de 75% pour les trois groupes.

«Contrairement à la perception qu’on pourrait avoir, l’étude démontre que les réfugiés ont tendance à rester dans leur ville d’accueil dans la même mesure que les immigrants économiques», soulève le chercheur Feng Hou.

«Une marque d’intégration»

Pour Stéphan Reichhold de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), les résultats de l’étude démontrent qu’il faut accepter plus de réfugiés au Québec et au Canada.

«Je pense que c’est un bon message pour le gouvernement [provincial], qui a tendance à sous-entendre que les réfugiés ne travaillent pas et ne s’intègrent pas lorsqu’il dit qu’il souhaite plus de main d’œuvre correspondant au marché du travail. C’est une marque d’intégration aussi s’ils restent sur place, c’est un message positif», affirme-t-il à Métro.

Plus de réfugiés que d’immigrants économiques dans les petites villes

Dans les petites villes, les réfugiés sont même plus nombreux à rester dans leurs villes d’accueil que les immigrants économiques. Selon l’étude menée par M. Hou, 58% des immigrants économiques, 61% des réfugiés pris en charge par le gouvernement et 69%, des réfugiés parrainés par le secteur privé restent dans les petites villes canadiennes où ils se sont installés il y a 10 ans.

Plusieurs recherches antérieures semblaient indiquer que les programmes de réinstallation n’aidaient pas à retenir les réfugiés dans les petites villes, car ceux-ci quittaient rapidement pour s’installer dans les grands centres, avance Feng Hou. «Même si de nombreux réfugiés réinstallés n’ont pas la possibilité de choisir où s’installer au Canada, ils ne sont pas plus susceptibles que les immigrants de la composante économique de quitter leur ville d’établissement initiale», indique Statistique Canada.

L’étude de Statistique Canada révèle aussi que près de 66% des immigrants économiques et de la catégorie du regroupement familial s’établissent dans les villes de Montréal, Toronto ou Vancouver. En comparaison, 41% des réfugiés parrainés par le secteur privé et 33% des réfugiés parrainés par le gouvernement s’étaient installés dans ces trois villes.

Taux de chômage faible lors de la première année au Canada

D’après l’étude, les taux de chômage des réfugiés pris en charge par le gouvernement au cours de leurs premières années étaient faibles. Le chercheur pense que cela est dû au fait que ceux-ci ne faisaient alors pas encore partie de la population active et, par conséquent, n’étaient pas à la recherche d’un emploi.

Le taux était aussi faible pour les immigrants économiques et les réfugiés pris en charge par le secteur privé. La cinquième année, les taux de chômage ont toutefois augmenté pour toutes les catégories d’admission. M. Hou en déduit que c’est probablement parce qu’un plus grand nombre d’immigrants et de réfugiés avaient travaillé assez longtemps pour être admissibles à l’assurance-emploi lorsqu’ils n’avaient pas d’emploi.

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